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 (P)RIEZ - irène

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entre l'ivresse et les sanglots,
entre les caresses et les crocs.

PRÉNOM : léa
AVATAR : anastasia scheglova
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DEPUIS QUAND : 08/05/2016

MessageSujet: (P)RIEZ - irène   Lun 9 Mai - 21:33


Ta tête est réglée comme une horloge. La petite aiguille sur le 11, la grande sur le 6. C'est le moment d'y aller. T'as jamais été bien branché religion au cours de ta vie, avant tu disais que c'était pour les faibles, pour ceux qui ont besoin de quelque chose à laquelle se rattacher. Quand tout va mal. Quand il n'y a plus d'issue, à part les larmes. Et c'est pour ça que t'y vas, finalement. Parce que t'étais au bord du gouffre il n'y a pas si longtemps. Parce que si y'a un dieu, il pourra peut-être t'aider. Puis faut que tu demandes pardon aussi, pour ce que tu fais, pour la manière que tu as de gagner ton blé. C'est pas bien, tu le caches. Tu te caches. Mais pour combien de temps ? Depuis quelque temps déjà tu as l'impression de le voir partout, comme si le monde avait un visage, le sien. T'en as peur, t'es toujours en train de courir pour que son ombre ne t'achèves pas.
T'as tout essayé pour lui échapper, mais que dalle. Le monde ne veut pas te laisser tranquille, t'as pas le droit d'être heureuse, t'as sûrement fait un truc qui fallait pas, c'est le ciel qui te puni. Tu vois pas d'autres explications logiques à ton malheur.

Alors tu viens ici régulièrement. Pour parler à dieu, pour lui demander de régler tes soucis. Tss, comme si quelqu'un t'écoutait. Une part de toi ne peut s'empêcher de penser que c'est inutile tes allés retours entre ces bancs froids, mais tu ne veux rien lâcher. T'as besoin d'un soutien, quel qu'il soit. Tu avais déjà un semblant de sûreté grâce à Night, mais tu rêvais de mieux. Impossible de tout raconter à ton frère, tu refusais qu'il te regarde avec de la déception, il ne devait pas voir sa soeur ainsi. Tu étais seule, face au monde, face à son souvenir et son ombre.
Tes doigts étaient serrés sur le banc de devant, tu fermais les yeux et te concentrais, comme si cela pouvait aider. Comme si ça pouvait crier tes prières. Parce qu'au fond c'est ce que t'as envie de faire, crier. Le stresse te ronge depuis beaucoup trop longtemps. Cette ombre qui te traque. Sa présence que tu ressens absolument partout. Putain.

Tu aimerais penser qu'il y a pire que toi, mais t'y arrives pas. T'es dans tes pensées, tu respires à peine comme si le bruit de l'oxygen rentrant dans tes poumons pouvaient te déconcentrer. Mais c'est autre chose qui te perturba. Un son. Une présence. A chaque pas que tu entends, tu sursautes. C'est la peur, la peur que ce soit lui. Alors tu te retournes, tu fouilles l'église du regard en rouvrant les yeux. Ce n'est pas lui, c'est une femme. Tu la connais d'ailleurs, tu la croises de temps en temps, mais jamais vous n'avez eu de longues conversations, et tu ne sais pas grand chose d'elle. Tu finis ta prière, une fois de plus.
Tu te lèves. Doucement, pour ne pas l'effrayer. Et silencieusement, tu vas te mettre à côté d'elle en séchant tes larmes. T'as besoin de ça pour vivre, de contact humain, de te dire qu'il n'y a pas que des démons sur cette terre. Tu chuchotes.

- salut, tu te souviens de moi ?

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Adieu, les gentilles, adieu, les j'en pleure. Adieu, les maudites qui ont pris ma lueur. Qui ont jeté dans le noir mes yeux Et puis les tiens contre le chant du cygne ! Et les beautés ? Qu'elles crèvent ! Toutes !
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PRÉNOM : ADÈLE.
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MessageSujet: Re: (P)RIEZ - irène   Lun 9 Mai - 23:08

je n'aime pas les églises. je les hais. je n'aime pas cette église. son nom est écrit partout sur les murs, son visage est inscrit dans les gravures. il y a aussi le banc où il s'assoit souvent, le dos courbé, chemise tirée, puis les mains jointes. paupières closes vers le ciel, vers le bonheur éternel. il prie le Dieu auquel il ne croit plus depuis longtemps, les mains encore tâchées de sang, tandis que son souffle acide navigue encore dans mes poumons, faisant battre mon cœur plus vite, me pliant l'estomac en quatre. ces moments-là, où je sens encore la chaleur de ses mains sur mes hanches griffées, ces moments-là, si seulement je pouvais disparaitre, m'envoler. j'aimerais être un oiseau noir, qui d'un geste étend ses ailes et s'élance vers le ciel. un oiseau noir dont le cri raisonne entre les nuages, les galaxies. qui s'envole vers le paradis. le paradis, c'est loin d'ici, et loin de lui. loin de ses coups, de ses humeurs, loin de ses mots, loin du malheur.
mais l'oiseau n'a plus d'ailes, l'oiseau est condamné à marcher sur les pas de ceux qui l'ont brisé. cloué au sol, entre cercles de feu et hurlements que personne n'entend. l'oiseau, cloué au sol, entre enfer et puis mort, entre l'enfer de la vie, entre l'enfer de la mort, l'enfer d'être Fille, qui dure du soir jusqu'aux aurores.
je m'assieds au banc habituel, là où mes ongles se sont plantés, là où mes talons se sont acharnés sur le sol de pierre, là où raisonne l'écho de mes prières. mon Père, envoyez-le en enfer, par pitié, je vous en conjure. jamais plus je ne veux entendre ses murmures au coin de mon oreille, jamais plus, je vous en conjure. mais les paroles se perdent, quelque part entre ces deux ciels, entre les anges et lucifer. les soupirs se mêlent au mistral, les mots sont oubliés, et le Dieu tout puissant laisse l'oiseau déchu se battre contre le Mal constant.
j'espérais, pourtant, me lever de ce banc les épaules moins lourdes et le cœur réparé, mais le sang coule toujours le long de ma peau pâle, et les plaies sont à vif, torturées par le Mal.
je sens une main froide sur mon épaule. mon cœur fait un bond, mon corps se secoue. mais la main est trop fine pour être la Sienne, alors je ferme les yeux, juste le temps d'un instant, puis me retourne vers elle. vers elle, la fille que je voyais parfois, que je voyais souvent, s'assoir sur un banc puis joindre ses deux mains, fermer les yeux très fort, jusqu'à ce que son corps en tremble.
je lui souris, parce qu'elle est jolie, parce qu'elle a des diamants dans les yeux, parce qu'elle est tellement mieux, et que sur ses joues brillent des chemins invisibles que les larmes ont tracé. mais je ne l'ai pas vu, on ne le voit jamais.
- oui. tu es tout le temps là, je ne pouvais pas te rater, tu sais.
 
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MessageSujet: Re: (P)RIEZ - irène   Mar 10 Mai - 21:29


T'as toujours peur de déranger, comme si t'étais un insecte aux yeux du monde entier. Pour toi c'est même impensable qu'une personne puisse t'apprécier. Tu ne sais pas vraiment pourquoi. Certainement parce que tu n'as pas de véritable ami, parce que pour l'instant les gens que tu as côtoyais t'ont pris pour une andouille et t'ont baladé. T'as été prise pour une conne un bon nombre de fois.
Tu ne sais donc pas si elle apprécie ta présence auprès d'elle ou non, elle a peut-être besoin d'être seule. Et si tu n'étais qu'un fardeau pour elle ?
- oui. tu es tout le temps là, je ne pouvais pas te rater, tu sais.
Elle n'avait pas tort. Tu venais de lui poser une question débile, tu n'aurais pas pu te contenter d'un "salut" ? pauvre andouille. Tu avais honte de ta bêtise, mais il était trop tard de toute manière. Il fallait seulement faire bonne figure si tu voulais t'en faire une copine. Tu ne savais pas réellement pourquoi tu ressentais tant le besoin de parler. Tu espérais seulement qu'elle n'allait pas t'envoyer sur les roses.
Tu te racles alors la gorge avant de reprendre la parole.
- tu vas bien ?
Débile. Encore plus débile que la première question que tu lui as posé. Il faut te reprendre. Tu fais alors un beau sourire en enchaînant, sans lui laisser le temps de répondre.
- alors, tu es croyante ?
Finalement, à un tel niveau de stupidité, valait mieux laisser tomber. Alors tu jettes l'éponge, tu la laisses parler et tu te tais. C'est certainement la meilleure chose à faire. Il fallait que tu apprennes à engager une conversation, c'était pas encore ça.

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MessageSujet: Re: (P)RIEZ - irène   Sam 21 Mai - 13:46

je la regarde. je la regarde, poupée toute brisée, je la regarde, porcelaine abimée.
ses yeux pâles sont à la couleur de ses larmes, ses lèvres sont à la couleur de son sang. mais qui a fait coulé le sang ?
la princesse débraillée, la princesse délaissée. princesse du désespoir, tu règnes sur tes larmes, tu combats tes pensées, tu veilles sur ton passé.
la princesse est cassée, la princesse parle mais est muette, la princesse pleure mais ses joues restent sèches.
ses cris ne naissent jamais mais raisonnent en écho dans son crâne fatigué. la détresse dans ses yeux, cet appel au secours gravé dans ses prunelles. la princesse est une fleur que l'on a arrachée, la princesse est une fleur qui git sur le bitume sale de la ville, une fleur qu'on foule.
elle a lâché la corde et déposé les armes, elle a abandonné, s'est donnée à ses larmes. ce malheur s'est immiscé dans chacune des lignes de son pâle visage, dans les plis de son front, dans ses fossettes effacées.
rose noire, fleur désespoir.
ses mots s'emmêlent, tous en même temps. la valse est saccadée, ses paroles, mélodies de son esprit, s'entrechoquent et se blessent, puis s'évanouissent dans le vent, s'évanouissent dans les rues, entre tous ces murs trop gris.
- ça dépend. des fois ça part et puis ça revient. ça me plaît bien,  l'idée qu'il y ait en ce monde quelqu'un pour me protéger.
et toi, qui te protège ? qui protège l'ange délaissé ? tu sauves ton royaume, mais qui te sauve toi ?
prisonnière de l'enfer, de leurs yeux trop noirs, de leurs âmes salies.
ange déchu, enfermé dans sa propre vie.
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