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 let's dance (night)

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i've been thinking what
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MessageSujet: let's dance (night)   Jeu 2 Juin - 1:56


Dans une irrémédiable envie, un désir ardent d'en savoir plus, je pousse la porte du cabaret où les effluves de champagne et de cigarette me montent très vite au nez. Une poussée d'adrénaline, la chaleur dans l'estomac, une angoisse quelque peu persistante. Quelle idée d'entrer ici, de ne pas même savoir ce que je recherche précisément. J'ai ce soir une curiosité avide en moi qu'il me faut combler. Mon regard oscille entre les tables, les banquettes où nombre de clients de la gent masculine se trouvent. Chacun est absorbé par le spectacle qui s'offre à leur vue. De resplendissantes jeunes femmes d'où émane une incroyable sensualité, se mouvant avec chaleur, grâce et volupté. Des courbes surprenantes qui, quand je m'observe un brin, n'apparaissent guère encore sur mon frêle corps. J'en viendrais presque à être jalouse, à envier ces formes pleines, éclatantes de désir et se révélant faire partie intégrante des fantasmes les plus osés de ces hommes. Je comprends pourquoi ces derniers ont ce besoin irrépréhensible de goûter à ces chairs, car elles recèlent en ce qu'il y a de plus exquis et de plus savoureux.
Je m'avance, à pas calfeutrés dans le clair obscur qui inonde les lieux. D'une démarche sûre et calculée, je m'enfonce progressivement dans cet univers qui n'est point le mien. Personne ne doit savoir que je suis ici, et encore moins que je suis un jour venu. Surtout pas lui. Je l'ai déjà bien trop déçu dernièrement. De savoir que sa tendre fille fréquente de tels endroits où la sueur des corps se mélangent aux suaves fragrances de ces dames, cela le rendrait complètement fou. Pourtant, c'est lui même qui d'une certaine façon, impose cette vision du plaisir par la présence des filles au sein même de notre domicile. Je continues à tâtonner, évitant avec un soin méticuleux de ne guère croiser les regards des clients. Alors je me hâte, me trouvant un coin quelque peu discret, à l'abri des œillades inconvenantes. Depuis cette place, j'entrevois alors une tête blonde. Il ne me faut que quelques seconde pour reconnaître la danseuse aperçue à la réception des Salvatici. Je détourne un tantinet la pupille, percevant mon palpitant haleter dans ma poitrine minime. Mon œil se pose sur une des danseuses, qui je l'avoue, commence quelque peu à m'éveiller.
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MessageSujet: Re: let's dance (night)   Dim 5 Juin - 15:39


let's dance
Mon ombre portée sur ton innocence te fera chavirer, couler, sombrer, dans un monde perverti. Un monde d'adulte.
Ce n'est en rien un endroit miteux et reculé, mal fréquenté et sale. Ce n'est pas un bordel. Ce n'est pas un club de strip-tease. Ici, c'est le théâtre de tous les fantasmes, de toutes les beautés qui dansent, se mouvent avec la langueur d'une flamme et sa chaleur contagieuse. Ici, les femmes donnent l'illusion de s'offrir, de donner de leur chair. Il est vrai, elles offrent un véritable plaisir qui n'est malheureusement que visuel, du moins, si l'on reste dans la partie publique du cabaret, celle qu'une jeune femme, une étrangère, dirige. Celle qui vend de l'érotisme, de l'art et non pas le corps de ses femmes. Cette dernière, en plus d'être la directrice, est également une danseuse de ce même établissement. On la surnomme la Vénus d'Or, on dit qu'il faut prier de nombreuses fois pour la voir. Elle ne se montre jamais, ou très peu. On ne sait d'où elle vient, ni qui elle est réellement. C'est simplement une étrangère qu'on apprécie tout de même voir danser. On la connaît sous le nom de Night Ambrose, mais rien. Les recherches n'aboutissent à rien de plus que ce présent connu de tous : Night Ambrose, propriétaire du cabaret. Rien de plus. Il n'y a pas à connaître plus.

Ce soir-là, l'ambiance était comme assez souvent au plus haut. Il y avait des éclats de rire, des regards illuminés par la grâce et la beauté des danseuses qui charmaient avec volupté. Paillettes, plumes, décors et musiques, tout était au rendez-vous pour impressionner l’œil d'un spectateur curieux ou habitué. C'est du théâtre ne l'oublions pas, et non le club du coin de la rue. Oui, c'était impressionnant, une véritable mise en scène qui restait loin de la vulgarité, faites en finesse et en toute beauté.
Son œil vert perçant aperçut dans la pénombre une silhouette qui lui était familière, qu'elle avait déjà rencontré. Night connaissait cette chevelure proche de l'immaculée, c'était la jeune fille de la réception des Salvatici, la belle innocente. Venait-elle de s'échouer dans un pareil lieu ? La grande blonde n'en savait rien, cela la taraudait mais aussi l'amusait. Quelle jolie surprise.

« Si proches et pourtant intouchables. Elles sont belles, n'est-ce pas ? » Tout comme à la réception, la dame apparaît par surprise, dans le dos de la demoiselle. Elle connaissait mieux les lieux qu'elle, c'était son manoir, son territoire. D'une douceur presque maternelle, elle se permet de passer sa main dans la longue chevelure de la fille, un sourire nuageux se dessinant sur ses lèvres pulpeuses et nues, pour une fois. Cette fille, Julia... Elle avait un désir ardent de former et modeler cette jolie poupée malléable à souhait. La pervertir pourquoi pas. Mais elle savait que malgré son innocence, elle n'était pas pour autant bête.

« Que me vaut votre visite, jeune fille ? Une curiosité envahissante, j'imagine. »

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MessageSujet: Re: let's dance (night)   Lun 6 Juin - 0:26


Les apparats par milliers m'entourent, non au point de m'étouffer, mais je commence à sentir une certaine omniprésence dans la salle. Absolument tout brille ici, et exulte. De la simple banquette aux costumes de ces dames, j'observe que le spectacle est issu d'une réelle organisation tirée à quatre épingles. Tout est dans le détail, les propriétaires des lieux l'ont bien compris. Ici, ils tentent de vendre du fantasme, des corps non pas chimériques mais réels, un désir profond au travers de ces corps mouvants et gracieux. Il n'y a guère toute cette mise en scène chez nous. Dans notre appartement, les filles s'en tiennent à ce que mon père leur demande de faire. Il faut être à la fois belle et mutine. Donner envie au client. Ne pas parler, sauf s'il le demande. Ne pas trop montrer, garder du mystère. Pas de paillettes, pas de plumes, pas de bijoux. Le strict minimum de maquillage suffit. Les battements de cils font tout le reste. Non, chez nous, les femmes ne transpirent pas cette même vie. Et pourtant elles restent toutefois désirables, même si elles persistent à stagner sur leurs banquettes, attendant qu'un homme vienne leur insuffler un brin de vie. Non, le cabaret est quelque chose de vraiment différent. Et il est plus plaisant d'être ici qu'à la maison. Ici, il y a de la musique alors que dans notre appartement, seuls les cris et gémissements des filles retentissent. Je n'aime pas les entendre. Absolument pas.
Je n'ai de cesse de me triturer les mains, par gêne je suppose. Si mon père apprend que je suis venue ici, je ne donne guère cher de ma peau. Le retour de la réception des Salvatici s'étant déjà fort mal déroulé, je n'ose imaginer les remontrances qu'il proférerait s'il me sait ici. Je regarde à droite, à gauche, sans trop savoir ce que je recherches. J'espère simplement que personne ne me reconnaîtra. Et pourtant c'est chose perdue, quand je perçois les longs et délicats doigts de la danseuse, entraperçue quelques minutes auparavant. Cette dernière s'est frayé un chemin jusqu'à moi, posant son grappin sur ma douce innocence, désormais volée à jamais. Proches et pourtant intouchables, dit-elle. Serait-il question de cela ? De cette frustration qui pousse les hommes à devenir violents ? Ces femmes font l'objet d'un ravissement sans égale, ne point pouvoir les toucher relèverait de l'affront tant elles sont magnifiques et se mouvent avec une sensualité inavouable. La femme mystérieuse dans toute sa quintessence. Et je repense à ces filles, qui bien loin de ces danseuses de cabaret, n'ont elles guère le droit d'imposer de barrières. Je ressens alors un brin d’amertume me percer le cœur. Vous avez en ces lieux les plus belles créatures de toute l'Italie. Lui dis-je dans un élan de sincérité. Il est toutefois difficile de rivaliser avec la beauté des femmes Salucci. Bien entendu, je parle d'elles. Qui connaît le nom de Salucci n'ignore point ce qui se trouve dans leurs appartements. La question de la jeune femme me noue quelque peu l'estomac. A vrai dire, je ne le sais guère tout à fait, mais je crois que dans le fond, elle m'ait démasqué. Il me tardait de voir à nouveau vos talents de danseuse. Vous avez sans doute raison, une insatiable curiosité. Je découvre. Dis-je en tournant à nouveau l’œil vers la danseuse continuant sa chorégraphie. Sans la quitter des yeux, je demande. Vous travaillez ici n'est-ce pas ? A ce que l'on dit, vous êtes de loin la meilleure. Les quelques conseils de Giova sur les hommes m'ont toujours grandement aidé. Mais les quelques mots soufflés lors de la soirée m'avaient quelque peu interpellé. Durant ma dernière rencontre avec Gino, les mots de la blonde me sont revenus en pleine face telle une gifle fulgurante. Prenez cela comme vous voulez, l'instinct, la curiosité, mais il fallait qu'elle m'en dise plus. Je crois comprendre de quoi vous parliez chez les Salvatici.

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MessageSujet: Re: let's dance (night)   Mer 8 Juin - 19:20


let's dance
Mon ombre portée sur ton innocence te fera chavirer, couler, sombrer, dans un monde perverti. Un monde d'adulte.
La fierté change l'expression de la patronne qui affiche un air satisfait et sûr. Oui, elle le savait bien que ses danseuses étaient belles, magnifiques, d'un rang tout autre que les autres femmes. Elles dégageaient un charme et une grâce unique qui pouvaient animer en n'importe quelle personne quelque chose de plaisant. Hommes, femmes, petits et grands, tous étaient subjugués par l'une d'elles. Malgré tout, sa seconde remarque la faisait presque grimacer. La fameuse comparaison avec les femmes de Salucci. Autant, elle connaissait le patron, autant elle n'avait jamais vu une de ces femmes. En tout cas, si le patron en venait à profiter des spectacles de ce cabaret, c'était bien parce que les danseuses du cabaret d'Ambrose et les prostituées de Salucci ne jouaient guère sur le même terrain. Puérile, mais elle trouvait cette pensée amusante, d'où le léger rictus qui naquit au coin de ses lèvres. « Je n'ai jamais consommé chez les Salucci, j'ignore donc ce à quoi elles ressemblent. Mais j'imagine qu'elles sont très belles aussi. » En réalité, Night appréciait peu la comparaison, elle y voyait un mélange de deux choses bien distinctes. Se mettre nu ne revenait pas à se vendre soi-même. Une danseuse vend un talent. Une prostituée vend un service qui est en réalité bien plus coûteux que le prix fixé. C'était un peu comme vendre son âme au diable, pour elle. Plus rien ne t'appartient, tu es une stupide marionnette dont on tire les ficelles à la guise de celui qui a acheté.
Son regard vert se porte sur le spectacle sous leur regards, la belle Regina. Sa peau foncée qui donne à tous des fantasmes de lointain, comme si les habitants d'ici était emprisonnés dans cette ville sans nom, sans réelle histoire.

« Je travaille ici, en effet. Je suis la directrice, la créatrice. Night Ambrose. On n'a pas eu le temps de faire connaissance la fois dernière me semble-t-il ? » Assez rapidement, sa phrase fut suivie d'un rire cristallin et mélodieux qui ajoutait une toute nouvelle dimension à son charme. « Il est vrai qu'il y a un certain engouement autour de la Vénus d'Or. La meilleure, je ne saurais vous le dire en revanche. Tout dépend des goûts de chacun, je suppose. »
Puis la conversation prit un autre tournant. On ne parle plus d'elle, mais du cas de cette jeune inconnue qu'étrangement, Night arrivait si facilement à deviner. Elle avait tenté de la prévenir, avec les mots qu'elle connaissait. Avec les mots qu'on employait dans son cabaret, les seuls mots qu'elle prononçait depuis bientôt quatre années. Savoir faire preuve de pudeur, c'était se protéger. Se protéger des autres, se protéger de lui. Nul ne connaissait les intentions du Salvatici, pas même elle, et encore moins Julia qui devait avoir les yeux couvert d'un voile épais. Un voile qui lui coupait un sens primordial. Un voile brouillant même ses instincts. « Et qu'en déduisez-vous ? Avais-je raison ? Est-ce trop tard ? » Peut-être l'avait-il déjà touchée en plein cœur, dans sa poitrine, cette zone qu'elle lui avait dit de cacher à tout prix, cette zone tant coinvoitée par les hommes. La jeune femme pencha la tête sur le côté, dans ses pensées. Elle appliquait des conseils qu'elle s'était toujours forcée à suivre, du moins la plupart du temps, mais voilà où elle en était : l'amour était l'inconnu pur. Qu'était ce sentiment dont tout le monde parlait, que tout le monde fantasmait ? Elle, elle n'avait encore jamais rencontré le chemin de l'amour.
« Ce doit être dur de se protéger de l'inconnu, n'est-ce pas... » Finit-elle par souffler entre ses lèvres carmins, songeuse. Encore une fois, elle semait le trouble. Elle-même, Julia, elles deux ? À qui parlait-elle donc ?

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MessageSujet: Re: let's dance (night)   Sam 11 Juin - 22:04


Le visage de mon interlocutrice se teinte soudainement d'une certaine jubilation. Il est si aisé de faire plaisir à une personne. De simples mots, parfois même faux, suffisent à illuminer leur faciès d'un sourire regorgeant d'orgueil. Je perçois une once de présomption la parcourant lorsque j'énonce ses filles à elle. Mais quand j'évoque les nôtres, cette arrogance se voile alors quelque peu. Nous ne sommes guère en concurrence mais cela est tout comme, bien que nos deux établissements proposent un divertissement différent mais toutefois discutable chacun. Ses filles, comme celles de mon père, sont notre gagne pain, notre condescendance. Sans ces incroyables dames, ni elle, ni nous ne serions ce que nous sommes aujourd'hui. A la différence que c'est ici une femme qui tient les rênes. Je pensais alors jusqu'ici que la vente de fantasmes se tenait généralement par des hommes, concordant d'avec ce regard construit par cette société phallocrate sur les courbes féminines. Il est alors rassurant de voir que c'est une personne de sexe opprimé à la tête d'une telle entreprise. En effet elles sont ravissantes. Écorchées certes, mais recèlent d'une grande beauté intérieure que seule ma famille puisse voir. Je n'ai jamais apprécié entendre quelconque injure envers elles. Bien qu'elles offrent leurs corps, ces femmes, ce sont mes mères. Elles ont ce talent de l'illusion, faisant croire aux hommes qu'ils ont un tant soit peu de pouvoir sur elles alors qu'au contraire, ces dernières maîtrisent tout. La faiblesse des hommes, elles l'ont bien comprise et en jouent, pour mieux les manipuler, pour plus d'argent. L'argent parlons en, il est signe de richesse, de pouvoir. Tout le monde court après sa robe multicolore, afin d'en détenir le peu de présomption qu'il donne à offrir à son propriétaire. Se mettre à nu et se donner pour remporter ce peu de pouvoir sur les hommes, il n'y a qu'un pas entre les deux. Le regard de la danseuse se tourne vers l'une de ses pouliches, fort séduisante certes. Mais je n'ai de cesse de l'observer elle, tentant alors de percevoir en son visage une expression autre que cette fierté qu'elle arbore avec luminescence. Une créature des plus ravissantes elle aussi. Enchantée d'enfin faire votre connaissance Night. Julia Salucci. Notre dernière entrevue était un brin trop charnelle pour les mots je crois. Je suis d'autant plus ravie de me retrouver en votre antre. Un sourire ravit ma bouche dont la lèvre inférieure pulpeuse à désormais goûté les délices de l'interdit. Vous m'en voyez impressionnée ma chère. Ce n'est guère à tout le monde qu'il est donné d'arborer un nom de déesse. Botticelli me revient en mémoire, il y a en sa vénus quelque chose de plus délicat, de plus pur et de plus virginal. Mais cette figure ci représente l'avant. Ici nous sommes dans l'après, là où les muqueuses ont déjà été brisées, où l'innocence a déjà été ôtée. Je fais partie de ces femmes qui ont égaré cette partie d'elle même pour devenir autre. Serais-je en voie de devenir réellement femme ? Je vois en mon interlocutrice un possible apprentissage, elle qui connaît les codes de la séduction, dont le charme n'a aucun mystère, faisant du fantasme et du désir son mot d'ordre. A en entendre les mots de Night, j'en déduis qu'elle a élucidé ma situation. C'est une femme d'expérience, aussi il ne lui était guère ardu de deviner en quoi consistait mon problème. Je m'éclaircis la gorge, la regardant pour enfin tout lui avouer. Malheureusement oui. Tout est allé trop vite, je me suis laissée emporter. C'était, si étrange. Je me mordille la lèvre, réflexe quand le remords, le stress, la culpabilité s'empare de mon frêle cœur. J'ai oublié tous les mots, et je l'ai laissé faire. Je me suis laissé faire. Je ne crois pas ressentir le regret de l'avoir fait, non. Ce qui me perturbe le plus est la personne avec qui cela s'est produit. J'ignore encore quel sentiment laboure mon palpitant. Serait ce de l'attachement, de l'affection, ou bien du dégoût, une répulsion sans nom envers Gino Salvatici ? L'inconnu, cette immensité aux multiples visages. J'en avais aperçu plusieurs de ces facettes ces derniers temps, découvrant avec une rapidité déconcertante une multitude de choses en cette nouvelle phase de mon existence. Celle où je me libère enfin quelque peu du carcan familial, où j'ose poser un pied au dehors sans avoir peur, où j'ose affronter mon père. Une nouvelle vie a commencé sans aucun doute, mais cette dernière est loin de totalement me rassurer. Comment c'était pour vous, cette première fois ? Un peu direct, un peu franc, et je me sens soudainement en confiance avec cette femme. Après tout, il y a de cela quelques temps, elle a tenté de m'avertir et au final, ses mots eurent raison de la suite des événements.
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MessageSujet: Re: let's dance (night)   Mer 15 Juin - 23:08


let's dance
Mon ombre portée sur ton innocence te fera chavirer, couler, sombrer, dans un monde perverti. Un monde d'adulte.
Un silence, un secret. Night laissa ce court silence s'immiscer entre elles, feintant admirer le spectacle qui était magnifique, elle ne remettait en aucun cas le talent de sa danseuse en question - ni ses goûts par ailleurs, ce qui la turlupinait tant... C'était cette présentation faite. Julia Salucci. C'était donc elle la fille de Paolo, celle qu'il avait cherché avec cet air tourmenté, celle qui indirectement, l'avait piquée en plein cœur. Julia. Tu m'as blessée Julia, avait-elle envie de lui dire. C'était éphémère, mais profondément douloureux. Tu m'as fait mal Julia. Julia Salucci. La fille était belle, tout comme son papa, même si elle ne lui ressemblait en rien. Elle comprenait mieux d'où venait l'attitude surprotectrice du père, la petite blonde était comme une petite perle fragile d'une grande préciosité mais qu'on préférait cacher entre une coquille bien épaisse dans le seul but de la protéger. La protéger des autres, des hommes surtout. Les hommes, Night les connaissait, mais peut-être pas aussi bien qu'elle le laissait croire. Les hommes, Night ne voulait pas les connaître, ni trop s'en approcher. Non, ils ne sont pas tous les mêmes, ce n'est pas le genre de discours qu'elle tiendrait. Elle les connaissait de loin. ¨Pour les analyser, les comprendre et les différencier, elle eût dû écouter les préjugés manichéens des femmes sur les hommes. Des connards, des profiteurs, des beaux-parleurs, et encore pleins de surnoms affectifs leur étant donné. La jeune femme avait observé le comportement de ses semblables avec les hommes, les avait écouté tout en restant elle-même assez éloignée de ces êtres, mais jamais elle n'avait vécu une réelle expérience. Elle, elle se tenait loin de tout ça, et elle s'était toujours tenue loin de tout ça. Personne n’empiéterait sur son cœur, et encore moins un homme. Les hommes ne l'atteignent pas et l'atteindront jamais, la danseuse fixe une limite, une distance entre elle et eux. Cette limite qu'on peut voir au sein même du cabaret, la scène étant inaccessible des hommes, ils ne pouvaient guère la toucher, ils restaient en bas à admirer.

« Tant qu'il est encore temps, je vous conseillerais de prendre la fuite. Vous lui avez donné beaucoup, voire trop. Un trop qu'il ne vous rendra jamais, car Gino a obtenu ce qu'il voulait de vous. »  Le conseil est clair, un brin refroidissant dû à son ton de voix. Gino, elle le connaissait. Peut-être mieux que d'autre, peut-être mieux que Julia. Gino, c'était son grand et son petit frère. Gino, elle ne l'avait jamais connu amoureux. Et elle avait du mal à le voir piqué par ce sentiment-là. Les femmes étaient ses jouets, il les utilisait jusqu'à l'usure, ou les jetait dès qu'il en était las. Alors peut-être que Night se trompait, mais elle en était presque sûre, son but premier avait été de goûter à l'innocente chair de la Salucci. Ses sentiments pouvaient avoir changé par la suite, mais de tels changements étaient trop romanesques : impossibles, mais beau à imaginer. Julia n'était ,dans un premier temps, qu'une énième distraction. « Vous n'êtes pas la première fille qui se donne à Gino, ou peut-être est-ce plutôt ce dernier qui s'accapare de vos corps ? Au moins, vous ne le regrettez pas, c'est une bonne nouvelle. Mais malheureusement, et comme tout le monde j'imagine, je ne vous rassurerai pas sur votre choix d'homme. Il est ce qu'il est, et peut-être l'ignorez-vous, mais il n'est pas réellement ce genre de garçons que l'on recommande. » Night ne voulait en rien l’apeurer ou la dégoûter, mais elle voulait la prévenir. Quand elle avait son âge, son innocence, soit quelques années en arrière seulement, la blonde aurait aimé qu'on la prévienne de ce monde, qu'on la mette en garde. L'innocence, elle ne sait si un jour elle en a été teintée, mais ce fut alors une innocence fugace et oubliée. On ne l'avait protégée de rien, elle. Elle est tombée, elle a dû se salir, on l'a salie. Elle aurait aimé qu'on la conseille, qu'on la guide, qu'on lui dise « ne donne pas le peu que t'as à celui qui a tout et veut tout. ».

« Ma première fois ? » Son regard se détacha de la scène, pour fixer la petite innocente qui faisait preuve d'une audace qui la décontenançait. Question des plus osées, qui touchait à son intimité mais également à un bout de son passé dont elle ne parlait pas. Pourtant, elle ne garda pas le silence bien longtemps, si elle voulait l'entendre alors... « Je n'ai pas eu de première fois romantique et délicate. J'aurais aimé, mais apparemment je ne le méritais pas. Ce n'était pas mon copain, ni même un garçon que j'aimais. On l'a fait et puis voilà. Il ne m'a pas rassurée, il m'a juste baisée en m'appelant Maman. Ma première et dernière fois. » Une explication qui se fit avec un sourire pourtant sans vie, voire amer. Non, elle ne regrettait pas cette fois-là, en aucun cas. C'est ce qui lui avait permis de prendre cette distance avec les hommes. Une distance qui peut-être l'empêchait de vivre finalement ? Renoncer à des sentiments de peur de trébucher n'avait pas été compliqué pour Night qui n'avait aimé, mais le temps avançait et la donne changeait. Des envies incontrôlées et des règles bafouées, elle aussi elle s'était adonnée, avait abandonné son corps au désir, elle avait succombé, elle avait été faible, elle s'est elle-même trahie. Avec le père de la demoiselle lui faisant face. Belle ironie, alors qu'elle se permettait encore de la conseiller.

« Et vous, parlez-moi d'une chose que je ne connais pas. L'amour, par exemple. Comment c'est ? »

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MessageSujet: Re: let's dance (night)   Jeu 23 Juin - 23:22


Du haut de sa personne, la Vénus dissimule son intimité tout comme celle de Botticelli cachait son antre de sa longue chevelure. Le sexe de la femme, objet de mystère, d’attraction et de répulsion. Sujet de milles et un fantasme, exploré mais jamais ô grand jamais décelé. Nous portons en nous le fruit de l’humanité, et pourtant l’on a de cesse de bafouer ce bassin si généreux qu’est notre bas ventre. Prêtes à nous offrir, à donner sans trop se ménager. Les hommes sont-ils donc tous comme Gino ? A goûter et savourer ces si précieux coquillages et à laisser les restes se putréfier sans se retourner ? Giova m’a toujours parlé d’eux comme des charognards, détachant avec entrain la chair de nos os, dépouillant nos corps jusqu’à ce qu’il ne reste plus une parcelle d’humanité. Nous vider de nous-mêmes. Après ma première fois avec Gino, j’ai ressenti un immense vide lacunaire, une tranchée profonde dans laquelle il n’y avait âme qui vive. Un no man’s land. Ce vide, je le pressens encore, partout en mon être. Il se balade et me susurre sans cesse que j’ai fait une erreur. La culpabilité me ronge d’autant plus lorsque je pense aux avertissements de chacun. Même Night, que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam m’a mise en garde. J’ai bafoué chacun de leurs mots, comme l’on dénigre la vulve au sein de nos sociétés patriarches. Et je m’en veux, oh que oui que je m’en veux. Mais je ne puis guère réparer les dégâts, ou faire comme si rien ne s’était jamais produit. Ce moment allait advenir de toute évidence. Il aurait juste fallu attendre, attendre une personne plus digne que ce Salvatici. Et ne pas pleurer. Car je ne suis plus une enfant. Mais parfois, tard dans la nuit, je revis ces interminables moments, et seule la culpabilité est là pour me tendre la main. Hormis Night, personne non personne n’est au courant de mon pêché. Avoir délivré ce que j’avais de plus pur à l’homme le plus damné de la ville. Quelle erreur ingénue, la fatalité du débutant. Et je ne peux faire comme si cela ne m’affectait point. Cette perte me ronge et n’a de cesse de creuser encore et toujours cette trachée où nulle vie ne persiste. J’aurais aimé ne pas avoir perdu ma virginité, j’aurai aimé ne pas m’être accolée à ses bras, j’aurais aimé ne pas avoir été intime avec le diable. Papa avait raison, tout comme Giova, tout comme Night qui ne dévoile rien, n’ôte pas ses longs cheveux de déesse de son entre-jambe. La finesse, le charme, la délicatesse, sont des qualités qu’elle maîtrise à la perfection et dont elle use afin de les rendre fous. Faibles individus qu’ils sont. Et faible que je suis, à avoir donné pareil trésor. J’aurais pu le rendre fou, mais qui sait, aurait-il attendu que je lui offre ma virginité ? J’imagine qu’il se serait très vite lassé de cette attente. Les faibles cèdent, et je l’ai été, tout comme il l’a été. Je connais un de ses points fébriles.
A la façon dont vous avez à parler de lui, j’en conclus que vous le connaissez plutôt bien, aurais-je raison de constater cela ? Je ne doute guère de ce qu’elle m’annonce. Sa phrase a le toupet de résumer en quelques mots ma situation. Les mots qu’elle profère sont ceux d’une femme sûre d’elle, qui connaît le spécimen qu’est Gino Salvatici. Et ses dires confirment mes pensées, lorsque j’ai entrevu la sombre lueur poindre en les yeux de mon amant. Je ne puis réprimer une once d’amertume qui soudainement me transperce le palpitant. C’est peut-être ça l’amour, ce mélange affligeant de désespoir, d’attachement et de colère que l’on ressent envers une personne. Tout cela ponctué par le désir, l’échaudement, la passion, les corps noués entre eux. Je crois en avoir aperçu une bribe le jour même où nous l’avons fait. C’était d’une étrangeté morbide. Mon père a raison, ce garçon n’est pas fréquentable. Et je le pressens au fond de moi, mais pourtant, je ne peux m’empêcher de ressentir autre chose pour lui que du dégoût ou encore de la colère. De celle muée par la frustration. Mais à en entendre le récit de Night sur sa perte à elle, j’ignore laquelle de nous deux a été la plus chanceuse. Je crois tout simplement que nous sommes tombées toutes deux sur des spécimens s’étant avérés indignes. Au fond, la virginité d’une femme est un bien précieux. Dans un sens, nous avons été traitées avec mépris. Et à en voir le faciès de mon interlocutrice, je pressens toute la blessure qu’a pu laisser cette première fois. Sa confession sur l’amour me surprend, mais me touche néanmoins. Pour une femme d’un tel attrait, il est étonnant de voir qu’elle n’ait jamais aimé. Ou alors qu’au-delà de cette triste première fois, les tentatives passionnées ont toutes été vouées à des échecs cuisants. Qu’il est difficile d’aimer lorsque le cœur a subi moultes cicatrices. Les plaies mettent du temps à se refermer, aussi il est ardu de s’attacher. Dans un sens, je la comprends tout à fait. Je ne pense pas vraiment pouvoir vous en parler. Malgré la colère que je peux ressentir comme je vous le disais, il y a cet autre sentiment indéfinissable. Mais l’amour ça rend triste, ça rend aussi con j’ai l’impression. En tout cas actuellement, je suis plutôt résignée je dois l’avouer. Je ne crois pas que ce soit une si bonne chose d’être amoureuse. Ou alors, tout dépend de qui on l’est, très certainement. En êtes vous réellement réduite à cela, toute absence de sentiment envers les hommes ? N’en y a-t-il pas même un seul qui vous aurait tenté ? Cette discussion prenait des allures de confession, étrange mais agréables toutefois. Qu’il est bon de se livrer à quelqu’un d’extérieur, même si finalement, elle a l’air de connaître Gino plus qu’il n’en faut. Ce qui n’est finalement pas un mauvais point, car j’ai l’impression qu’elle ne fait que confirmer certains soupçons qui naissaient en moi ces derniers jours.

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MessageSujet: Re: let's dance (night)   Jeu 30 Juin - 16:20


let's dance
Mon ombre portée sur ton innocence te fera chavirer, couler, sombrer, dans un monde perverti. Un monde d'adulte.
« Effectivement. Je le connais assez bien, Gino. » Se contenta-t-elle de répondre. Elle ne voulait en ajouter plus en ce qui concernait cet étrange personnage, elle imaginait sans grande difficulté le désarroi dans lequel elle pouvait se trouver actuellement. Elle avait l'impression d'avoir été trompée, l'impression d'avoir été usée puis ensuite jetée, ou du moins l'impression de s'être offerte à la mauvaise personne. Malheureusement, Night ne lisait pas dans les pensées. Mais si elle devait se contenter de baser son avis sur les dires de la demoiselle et ce qu'elle connaissait de Gino, la situation était simple : il avait voulu s'amuser. Coucher avec une fille inexpérimentée, soit vierge comme Julia ( enfin, anciennement ), était un fantasme commun chez les hommes. Une innocence émanait de sa petite personne, une innocence qu'elle ne pouvait dissimuler. Tout était trop pur, trop maladroit, trop enfantin. À son âge, la danseuse ne se rappelait pas dégager un pareil charme; le charme de l'innocence. C'était peut-être parce qu'elle avait déjà un regard méfiant sur les hommes et les relations charnelles, peut-être parce qu'elle n'avait pas été couvée comme un petit poussin par sa famille ou, peut-être parce que comme elle n'avait pas été maternée à ce point, elle n'avait pas fait l'erreur de se jeter elle-même avec audace, les yeux fermés et les oreilles bouchées, dans la gueule du loup. C'était un parcours de débutant. Mais Night comprenait. Gino était intelligent après tout, Julia n'a pas été son unique victime. Une mécanique dont aucune femme n'avait encore trouvé la faille. Heureusement, elle n'y avait pas succombé. Heureusement que c'était un sentiment tout autre qu'elle éprouvait pour ce jeune homme. Peut-être se serait-elle retrouvée comme la petite Salucci. Dans une situation semblable. Pour le moment, elle se sentait épargnée.

« Votre père a ses torts en vous ayant tant couvée. Vos pas dans ce nouveau monde ont été maladroits et quelqu'un a mis la main sur vous et votre chasteté désormais. » Et à l'image d'une mère, elle rappela également à Julia qu'elle avait été imprudente. Tournant son regard vers la demoiselle, un regard autoritaire qu'elle ne contrôlait pas vraiment, elle poursuivit : « En revanche, jeune fille, si vous aviez écouté votre père... M'enfin, je n'ai pas à prendre ce genre de position. Mais, en sachant pertinemment que vous aviez été tant protégée, vous avez pris le risque de vous frotter à ce garçon. C'est presque de l'inconscience. Ou alors, c'est... Cette fameuse chose indéfinissable dont vous me parlez. » Un sentiment qui, comme elle l'avait dit plus tôt, lui était parfaitement inconnu. C'est donc avec une grande attention qu'elle écouta la définition que lui faisait Julia de l'amour, de ce sentiment que beaucoup rêvait d'expérimenter. Jusqu'à aujourd'hui, la danseuse avait pensé que l'Amour était un orgasme chimérique. Un peu plus long, mais produisant le même effet. Il emmenait au-delà des cieux avant de ramener à une réalité épuisante et assommante, comme après l'effort. Selon la benjamine des Salucci, l'Amour est un sentiment douloureux et rendant bête. Cette définition se maintenait. De ce que Night avait pu en voir dans les fictions, et de ce que disaient les autres aussi, il est vrai que ce sentiment curieux avait le don de changer les gens. Hommes comme femmes.
Même si l'amour lui était étranger, ses joues prirent soudain une teinte pivoine, n'arrivant pas à contrôler sa gêne et sa surprise. Quelle question ! Et elle, qui réagissait comme si on venait de la prendre la main dans le sac. Jamais quelqu'un n'avait osé lui poser cette question, aussi simple soit-elle. Mais en réalité, ce qui l'embarrassait le plus était non pas la question en elle-même, mais bien la personne par qui elle était posée.

« Mais d'où vient toute cette curiosité ? » Lança-t-elle dans un léger rire sincère avant de se murer dans un long silence. Night n'avait pas peur de dire les choses, bien évidemment de façon un peu détourner, mais les dire quand même. Puis, c'était une manière de mettre la petite blonde en confiance, tout ce temps elle s'était confiée à elle, un retour ne serait en rien dramatique. Finalement, après avoir pesé le pour et le contre et fait disparaître ses inhibitions, elle commença à se dévoiler. « Il est vrai que parmi les nombreux spectateurs que j'accueille chaque soir, il y en avait un qui avait tout particulièrement attiré mon attention. Il possédait quelque chose en plus qui m'intriguait beaucoup. Vous savez, mon cabaret appartient au milieu du divertissement, en quelque sorte. J'aime voir les spectateurs sourire, admirer, s'amuser et profiter en somme. Mais il ne semblait pas s'amuser, il ne semblait même pas regarder... Quelque chose d'autre le préoccupait. Et c'est vrai que lorsque je l'ai remarqué, j'ai tout de suite voulu l'aider. Un peu comme si c'était un homme malade. Je ne pouvais pas supprimer cette chose qui le préoccupait tant, je le sais. Mais je voulais et je veux, au moins l'espace de quelques instants, lui faire oublier cela. Je voulais combler ce manque  de je ne sais quoi en lui,instantanéité ou pas. Puis, être à cette place-là était très plaisant. On a la soudaine sensation d'être sur un piédestal, on représente un tout. Ses yeux étaient rivés sur ma personne. » S'ouvrir ainsi donnait à Night la sensation d'être creusée là où personne n'avait cherché. Une sensation de vide s'agrandissait au fur et à mesure qu'elle dévoilait ses sentiments. « Ce n'est pas de l'amour. Je ne pense pas, du moins, pas encore. Plutôt du désir, je dirais. Il ne s'est pas passé autant de choses que vous et Gino. Mais j'en rêve. Ça me brûle presque... » Tant j'ai envie de me blottir contre lui et de m'accaparer de ses lèvres une seconde fois... Était la fin de cette phrase, de son discours. Mais elle se garda de le dire, estimant que ce genre de paroles étaient un brin trop osées pour être partagées, notamment à Julia. C'était de son père dont il s'agissait après tout. Fiévreuse, la jeune directrice alla s'asseoir, se munissant d'un verre d'eau au passage pour éteindre ses ardeurs enflammées. Cependant, comme toujours, elle tâchait de rester d'un neutre impassible, pas une seule émotion ne pouvait trahir son état intérieur. Elle ne saurait mesurer la honte qu'elle ressentirait si Julia devinait à cet instant-là le fond de ses pensées.

« De toute façon, ce qui se dit ou fait dans ce cabaret y reste. » Conclut-elle avec un fin sourire. Elle parlait autant de cette confession, que peut-être sa soirée avec Paolo. « Puis, je me demande. Est-ce que vous comptez... Vous venger de Gino ? Ou au moins lui faire regretter, ne serait-ce qu'un peu ? Dans notre monde, cela se fait beaucoup. Je ne vous incite à rien, en revanche. Mais qu'un Salucci ne réagisse pas... »

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MessageSujet: Re: let's dance (night)   Mer 6 Juil - 0:18



Une once de déception point en mon frêle cœur lorsqu’elle lâche ces quelques succincts mots. Ferait-elle également partie de ces femmes dont Gino aurait effleuré l’épiderme ? De ces créatures crédules qui se seraient laisser prendre au jeu dangereux auquel joue l’éphèbe ? Sa courte réponse me frustre au plus haut point et me fait penser qu’il est grandement possible que nous ayons partagé le même homme. Et cette idée m’embrase soudainement et m’attriste. Je me doute bien que Gino en ait vu d’autres, des tas, des milliers, mais être face à l’une d’entre elles me rend tout à coup presque malade. La jalousie me brûle l’estomac tel un plat trop épicé. Trop d’amour m’ébranle le bas ventre et ma tête se met à pester face à cette reine de charme. Ma haine s’en retourne alors vers elle et non plus vers le principal intéressé. Pourtant, il mérite à lui seul toutes les conséquences de mon courroux. Ce n’est guère à cette femme d’endosser ma colère sur le point d’être déversée. Les absents ont toujours tort, et Gino a eu tort de me faire autant souffrir. Si mon père savait, Gino Salvatici n’existerait déjà plus. Il s’en irait, rendant son dernier souffle, sous terre, à des mètres de profondeur, rejoindre la faune grouillante, attendant de lui dévorer les joues. Parfois je me demande si cela ne vaut mieux pas, qu’il pénètre la terre tout comme il m’a pénétré. J’imagine alors les insectes s’insérer dans son visage, découpant avec parcimonie des lambeaux de chair, se créant un domicile au sein même de ses orbites. Un seul mot provenant de ma bouche et c’est malheureusement ce qui se passera. Mais en ai-je réellement envie ? Est-ce que j’éprouve vraiment ce désir de le voir sombrer, mourir et servir de repas aux vers ? Malheureusement, le mal est déjà fait, pernicieux qu’il est, il s’est infiltré dans mes veines et dans le moindre de mes organes. Mon corps entier suinte d’amour pour cet enfoiré et je ne peux me résoudre à l’envoyer à la mort. Pourtant, j’ai l’impression qu’il ne connaît que cela. Ses pupilles, emplies de vide et à la fois de plein. Un vide lacunaire terrifiant où se muent une existence des plus sordides et sombres. Paradoxales. Et horriblement envoûtantes à la fois. C’est comme si ce feu ardent persistait à me brûler, quelque chose oscillant entre l’agréable et à la fois tout le contraire. Je crois que c’est cela l’amour.

Quand bien même j’entends ses mots sur la façon dont j’ai été éduquée, mon énervement est tel que mon visage doit en laisser paraître quelques bribes. Comment peut-elle savoir tout ceci ? Les murs ont des oreilles et la curiosité est ici une vertu mais je me sens terriblement trahie, mais surtout incomprise. Que croit-elle alors ? Lorsque l’on perd tout repère féminin, et que l’on est entouré d’hommes, il est peu évident de faire la part des choses. Ces derniers connaissent la gent masculine, savent de quoi ils peuvent être capables, ont connaissance de ce qu’engendrent des hommes tels les Salvatici. Ma mère ne savait point tout cela. Ou alors, elle n’a jamais voulu me l’expliquer de cette manière. On m’a tant appris qu’ils étaient prêts à tout, affamés qu’ils sont, qui plus est envers les vierges comme je l’étais encore fraîchement. Je crois savoir que vous n’êtes point ma mère. Et vous allez l’air d’en savoir beaucoup sur ma famille. Quand bien même, je crois que vous ignorez la perte de ma mère biologique. Alors je vous prierais de garder vos élans maternels pour vous, ils me donnent envie de vomir. La gentillesse s’efface dès lors de mon visage. Seule Giova a le droit de prendre les choses en main, seule Giova a le droit de me prendre dans ses bras telle une mère le ferait pour sa fille. Seule Giova peut se permettre de me donner de tels conseils. Mais pas elle, pas cette femme qui danse pour envoûter ces hommes, du moins pas maintenant. Et ne parlez encore moins de mon père, vous ne le connaissez pas non plus il me semble. Et puis oubliez l’amour, je crois qu’aucune de nous deux ne soit réellement expérimentée sur le sujet pour que l’on en discute de cette manière. Je rabats alors mes genoux sous mon menton, enserrant mes frêles jambes de mes bras. Je n’aime pas que l’on puisse parler de ma famille et j’aime encore moins que l’on puisse se prendre pour cette dernière. Il y a des choses dont l’on ne devrait pas avoir à discuter, surtout lorsqu’on en connaît point les tenants et aboutissants. Et ne me parlez guère de curiosité, vous en faites vous-même preuve. Je vous rappelle vous avoir avoué m’être dépucelée, mais je vous ai également dévoilé le nom. J’imagine que ça ne s’est pas fait tout seul. Il est vrai que cette confession prend une tournure trop intime. J’en ai bien trop dis, et bien qu’elle ait parfois franchi des barrières sensibles à ne pas sauter, je continue à l’écouter attentivement. L’homme dont elle parle me fait quelque peu oublier Gino. Un désespoir affligeant semble s’être emparé de cette personne qui bien qu’il n’ait pas réussi à dérober le cœur de Night, a malgré tout l’air de lui pousser la sérénade afin qu’elle tombe réellement dans ses filets. Un homme distant, qui ne s’offre guère à n’importe qui et pas de n’importe quelle façon. Une personne esseulée, triste en amour. Elle énonce le manque, qu’elle a tenté néanmoins de combler. Que pouvait-il bien se passer dans la tête de ce personnage pour qu’il en vienne à finir ainsi ? L’idée du désespoir et de l’affliction me reste en tête, douce mélancolie. Et parler de cette personne a suffit pour que Night s’emballe un brin. Elle se distancie, allant boire un verre d’eau non loin de moi. J’ai senti poindre en ces mots ce que j’ai tenté de décrire tout à l’heure. La tristesse éprouvée face à l’être aimé. Que celui-ci ne vous voit guère ou que l’on ne puisse le voir. Cette terrible pointe douloureuse qui vous fait sentir tel un moins que rien, privé de la vue de cet être que l’on désire, sans qui l’existence est finalement dénuée de saveur. A entendre ses mots, je finis par sourire. Bien évidemment, je ne comptais point emporter cette discussion avec moi, c’est un bien trop gros poids, pour moi comme pour vous. Gino, l’homme. Ces deux êtres qui ont changés nos vies, en bien et en mal. La question de Night m’intrigue sans aucun doute, parler de vengeance n’est m’était point trop venue à l’esprit. Seule l’image de Gino disparu, mort, m’était fraîchement apparue au cours de notre conversation. Que voulez-vous que je vous dise ? Malheureusement je ne peux rien faire. Je ne fais pas le poids face à sa noirceur. Et puis si mon père l’apprend, là au moins je suis sûre que je n’aurais pas à m’en charger. Et c’est là tout le problème. Si Gino tombe dans les mains de mon père, aucune de nous deux le reverra vivant. Tandis que si je m’en occupe… L’idée de me venger personnellement de Gino me plaît un brin, laissant alors apparaître un léger sourire sur mon faciès. Il faudrait être rusé pour qu’il se prenne à mon jeu. Vous avez des idées ? Elle aura beau le connaître, beau l’apprécier voire même coucher avec, je meurs d’impatience d’avoir accès à sa pensée sur la question.

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