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 avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)

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MessageSujet: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Jeu 2 Juin - 1:29


Mes pieds délicats frôlent l'herbe avec une suavité infinie. Qu'il est délectable d'y laisser ses pas, d'en enfoncer le talon dans la terre. Sentir et percevoir cette fraîche nature nous entourant. Le bas de mon corps quelque peu dansant me conduit à la balançoire, se dissimulant sous un coin d'ombre, à l'abri des rayons arides de l'astre solaire. Mon séant trouve la planche de bois qui, après des années, s'est parée d'une mousse aux nuances printanières. J'entame quelques lents allers et retours, me laissant aller, vague à l'âme, transcendant l'air chaud. Mes doigts rencontrent Histoire de l’œil, logé dans la poche arrière de mon pantalon. J'en lis les premiers mots, discrètement subtilisés à Giova. Elle m'avait promis un jour de m'en faire la lecture. Mais contre toute attente, je m'en suis emparée pour en faire moi même ma toute première découverte. Les œufs, les yeux, drôle de similitude. Et mes allers et viens n'ont de cesse de s'accentuer, mes cheveux fouettant l'atmosphère tandis que mes pieds la pourfendent dans un son évocateur. Marcelle et Simone, Simone et Marcelle, drôle de relation. Les quelques premières pages défilent et je ne tarde point à comprendre les raisons que Giova avait à attendre quelques années durant encore pour me faire part de cette étrange histoire. Mais je me sens pourtant prête, je n'ai plus à avoir peur pas vrai ? Mon corps entier décolle et se trouve désormais à quelques mètres du sol quand le livre s'échoue et trouve refuge dans l'herbe tendre. Je ne m'en préoccupe point, préférant savourer le vent s'engouffrer avec violence dans ma tignasse. Rien ne peut m'interrompre dans mon élévation. Hormis ces curieux mouvements qui agitent les fourrés. La végétation se mouve et j'entraperçois une force se déplacer au sein des buissons. Un chat errant sans aucun doute. Mais le buis a une manière de s'agiter qui me fait alors penser qu'un être plus corpulent s'y cache. Ma course effrénée prend du retard, je ne sens plus le vent, l'air chaud retombe soudainement et mes pieds ne se trouvent plus qu'à quelques dizaines de centimètres du sol. Qui aurait ainsi osé rompre mon envol ?
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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Ven 3 Juin - 21:27

La sueur colle mes cheveux à mon front et ma chemise à mon torse. Mes mains creusent la terre asséchée par le soleil. Elles sont noircies par la poussière et du sang tache mes doigts. Ici, personne ne viendra le trouver, ni le chercher. Il a fallu faire le sale boulot, aujourd’hui. Ôter avec froideur la vie d’un rival.
Je suis caché par la végétation mais j’entends du bruit dans l’herbe. Il y a quelqu’un qui marche.
J’étais pourtant sûr qu’il n’y avait personne. Je peste entre mes dents serrées. Je me mets alors à regarder à travers les buissons, il y a effectivement quelqu’un. Ma gorge s’assèche un peu. Si on me découvre ici, des taches de sang sur les mains et la chemise, à côté d’un flingue et en train de creuser un trou, on va me poser des questions.
On va peut-être me casser la gueule.
Il n’y a pas de place pour les affaires à l’immeuble. C’est bien pour ça que je viens enterrer mon arme ici.
Je fouille alors le jardin de l’œil, à travers les branchages. C’est une blonde, qui se dirige vers la balançoire. Cette blonde, je la reconnais bien vite puisqu’il s’agit de Julia Salucci. Les battements de mon cœur se calment un peu.
Elle me posera peut-être des questions mais ne dira rien.
Julia cesse de se balancer.
Je me redresse en me raclant la gorge, pour signaler ma présence.
- Bonjour, Julia.
Je lance alors, au dessus des fourrés.  Je me sens alors tout à fait détendu. Je me permets même d’allumer une cigarette et je me remets de nouveau à genoux sur la terre, salissant mon pantalon. Je continue de creuser avec mes ongles et mes doigts.
Finalement, j’ignore un peu Julia.
Je sais qu’elle m’est comme assouvie et que je ne risque rien.

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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Dim 5 Juin - 23:56


Mes pieds foulent à nouveau le gazon quand j'entrevois enfin la personne qui avait trouvé bon de s'y dissimuler. Drôle de cachette, pensais-je. La silhouette fantasmatique de Gino Salvatici s'élève et pourfend l'atmosphère abrasive. Mon estomac s'embourbe aussitôt, dans une danse des plus tordantes. A force de danser, mes intestins se sont noués, faisant remonter le nœud de mon angoisse naissante dans mon œsophage où il s'est perdu. Une vision pour le moins désagréable. Je ne m'attendais guère à le trouver ici, qui plus est au fin fond de ce buis. Un milliard d'interrogations viennent transpercer fugacement ma boîte crânienne. Était-il en train de m'espionner ? Serait-il pris de remords quand à notre dernière rencontre au vieil hôtel ? La présence de Gino me bouleverse, c'est un fait. Néanmoins, je tente d'en cacher les symptômes. La chaleur environnante aidant, la moiteur de mes mains passerait presque inaperçue. Sa voix me parvient et dans une désinvolte salutation, il disparaît à nouveau dans le buisson, après avoir allumé une de ses éternelles cigarettes, la fumée s'échappant depuis la végétation. J'en viendrais presque à éprouver de la vexation. Dois-je lui rappeler ce qu'il m'a ôté il y a plusieurs jours ? La réaction de Gino m'interpelle autant qu'elle me frustre. Décidément, ce garçon a le chic pour créer en moi cette affreuse privation. Alors je m'avance, curieuse de ses agissements. Bonjour Gino. Dis-je d'une voix calme, prétendument indifférente. Je ne pensais pas te trouver ici. Soufflais-je en une moue quelque peu gênée. Les réminiscences de l'autre jour me reviennent en tête. Le corps de Gino, sa fragrance, son expression, sa façon de me toucher, ses baisers. Et surtout, ses pupilles, fixes et sombres. Vais-je les entrevoir à nouveau aujourd'hui ? Je ne l'espère pas, car ce qui j'y ai trouvé la dernière fois n'était pas des plus plaisant. Une impression de déjà vu, un vertige. Et je m'avance encore. Puis je m'arrête, à seulement quelques mètres du buisson, là où le soleil ne peut guère m'atteindre. Et encore moins dans un buisson. Dis-je dans une exclamation quelque peu amusée.
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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Lun 6 Juin - 9:20

Je grimace un peu, peinant à en venir à bout de cette terre que le soleil de plomb a cramé des heures, des jours durant. Je grimace un peu. La chaleur mêlée à l’effort provoquent en moi l’effet d’une grande fatigue et d’une grande lassitude. Là, je voudrais seulement m’étendre à l’ombre ou bien nager un peu, baigner dans un lac glacé pour achever la chaleur et la moiteur.
Julia me salue à son tour.
- Je ne pensais pas te trouver ici. Et encore moins dans un buisson.
Je relève alors le visage, tournant le cou vers cette princesse aux dorures naturelles.
Je laisse échapper un rire qui traduit mon amusement et ma nervosité.
- Pourquoi ? Tu penses que je suis du genre à fréquenter quels endroits ?
Je n’ose pas imaginer l’image que Julia conserve de moi après notre entrevue à l’hôtel. Nous ne sommes plus revus depuis, comme si s’être dénudés l’un envers l’autre avait monté des barrières invisibles entre nous. Puis, pour la revoir, il aurait fallu que je me rende chez les Salucci, ce qui, je crois, n’est pas l’idée la plus sensée qui soit. La trouver ici est un drôle de hasard, mais plus que drôle, il est agréable.
Il y a quelque chose dans sa naïveté et sa candeur, et quelque chose dans notre jeu de séduction qui fait que je chasse les affaires, mon père, le sang, l’argent et la violence de mon esprit. J’en viendrais presque à oublier que je suis en train de creuser la terre au fond d’un jardin pour y enterrer une arme qui a ôté la vie d’un homme.
Mon échine se courbe de nouveau vers ma besogne.
Les mèches de mes cheveux n’ont de cesse de venir s’échouer devant mes yeux, comme s’ils s’évertuaient à brouiller ma vision.
Je décide alors de m’aider du canon de mon arme pour être plus efficace. De temps en temps, le revers de ma paume vient essuyer mon front pour y chasser la sueur.
- Moi non plus je ne pensais pas te trouver là.
Je murmure.
Loin de tes gardes du corps, de ta prison dorée.

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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Mar 7 Juin - 23:08


Un éclat de voix, un rire concis s'échappe de son antre. La situation se révèle effectivement un brin comique. Lui, moi, tels deux chiens de faïence s'observant l'un l'autre tandis qu'il y a encore quelques temps, nous partagions nos souffles échaudés au fin fond d'une chambre d'hôtel, totalement découverts. Le fossé se creuse et j'ignore comment je vais pouvoir m'en dépêtrer. Me tendrait-il la main pour m'aider à en sortir ? Ou va t-il rester là à me regarder, la lueur putréfiée dans le tréfonds de sa pupille ? Sa question sonnerait presque telle une provocation à mes oreilles. A vrai dire Gino Salvatici, je n'en sais rien. J'imagine que tu apprécies les recoins sombres dans lesquels le mal s'infiltre. L'entrejambe de ces dames, moite et pourtant tellement aride. Ce n'était qu'une boutade. Pour dire vrai je n'en ai aucune idée. Et dans un souffle, je regarde mes pieds, se tordant au sol, épousant la terre, dansant avec les brins d'herbe. Les chambres d'hôtel ? Je me retiens de l'énoncer. Et pourtant je me mets à le fixer, une étincelle malicieuse prenant place au sein de mon regard. Et de toute façon, je pense ne pas vouloir le savoir. Je relève la tête, échappant à son emprise qu'il est néanmoins si difficile de quitter. Mais les mots que profèrent Gino me tendent à nouveau les bras vers la tentation. Celle de m'emparer de ses lèvres et de m'immerger en ses profondeurs. Ne pas lui laisser l'occasion de lire mon désir naissant, ne pas lui avouer tout ce qui me pèse sur le palpitant, ne pas me trahir. Mon cœur tressaute dans sa poitrine d'une manière presque joviale. Ma tête lui demande de se calmer un tantinet, de ne pas s'emporter trop vite. Surtout, ne pas s'emballer. Alors je m'assois non loin de lui, dos au buisson, ne pouvant dès lors plus succomber aux traits de son délicat visage. Mais il reste toujours les mots, et ces derniers sont parfois les plus dangereux. Plus sérieusement, Pâques est déjà passé. Tes œufs vont fondre ici, tu n'as pas choisi la meilleure cachette qui soit. Je ne me retourne pas, observant la balancelle voguer en un mouvement oscillant.
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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Mer 8 Juin - 14:14

Julia marmonne alors qu’elle n’en sait rien et qu’elle ne veut pas le savoir. Je laisse échapper un autre petit rire, pour toute réponse. Je ne dirai rien, c’est à elle, si elle le veut, de venir voir ce qu’il y a à l’intérieur de moi. C’est à Julia de découvrir ce que je suis.
Mais c’est vrai, elle pourrait être bien déçue ou bien plus apeurée de ma personne. C’est bien connu, Giorgio Salvatici fréquente les endroits où les ombres ont pris le dessus et où les gens rampent en laissant échapper des râles profonds car ils ont eu leurs langues coupées car ils étaient des traîtres.
Gino mythifié.
Je continue de creuser la terre à l’aide du canon de mon arme.
Julia fait du mouvement et je l’aperçois qui s’assied dos à un buisson peu épais. J’observe alors son dos, sa tenue simpliste qui ne la met pas du tout en valeur. Et pourtant j’ai des visions auxquelles on a apposé un filtre pâle, des visions de son corps de presque femme. Je me dis que je recommencerais bien, que je voudrais bien la tenir contre moi, encore. Il y avait eu quelque chose de plaisant à jouer à l’amant et à écraser l’animal que je suis par la comédie.
Refouler ma nature, la pousser avec mes paumes en les posant tendrement sur Julia.
- Plus sérieusement, Pâques est déjà passé. Tes œufs vont fondre ici, tu n’as pas choisi la meilleure cachette qui soit.
Ses mots fendent mon visage d’un sourire amusé, qu’elle ne peut pas voir.
Je cesse alors de creuser et m’avance vers le buisson où elle s’est adossée. Mes mains fendent la maigre végétation, cramée par le soleil, qui nous sépare. Mes bras entourent sa taille de part et d’autre et finalement je lui montre mes mains. L’une est armée, l’autre est nue.
Mais toutes deux sont pleines de terre et tâchées de sang.
- Celui là est un œuf tout à fait différent.
Je murmure.
- Il ne faut pas le retrouver.
Je souffle.

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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Ven 10 Juin - 0:07


Un énième rire qui bouleverse une fois de plus tous mes repères. Gino Salvatici est cette lumière au fin fond de ce couloir interminable. Cet éclat ardent au beau milieu d'un océan criblé de vagues toutes plus violentes les unes que les autres, s'abattant avec un fracas sans précédent sur les sombres rochers ornant cette mer déchaînée. Je ne dois en aucun cas me rapprocher de ce phare, je risquerais de le percuter et de me briser en une multitude de bribes moi aussi, que l'on ne retrouvera jamais plus car coulant au fond de l'eau, je ne serais plus. Et pourtant, cette lueur ne fait que m'attirer inexorablement vers elle, à chaque fois que j'en entrevois le visage. L'attraction de Gino, force sans pareille, aura bientôt raison de moi. Et quand bien même je tente de lui résister, j'ai cette fâcheuse impression qu'au plus je tente de m'en éloigner, qu'au plus il a la main mise sur ma tendre personne. Je n'ai de cesse d'observer la balançoire qui se meut au gré d'une brise quasi inexistante alors que j'entends la terre se faire maltraiter par les fortes mains de Gino. Quand soudain ces dernières surgissent du buis, frôlant mes côtes exiguës. Crissement de branches et de feuilles. Je baisse l’œil vers ce qu'a été le temps de quelques instants, une partie de l'objet de mon désir. Ses extrémités, doigts desquels s'extrayait une délicatesse infinie lorsqu'il se mit à m'effeuiller. Maintenant, elles étaient souillées, non pas seulement de cette terre dont il était occupé à retourner mais également de ce liquide, âcre et épais dont ne peut se défaire qu'avec le temps. Mes yeux s'exhorbitent alors et dans un mouvement fugace je recule, le séant au sol, les pieds battant l'air afin de m'éloigner au possible de cet être si chargé de complexité. Et je revois le phare, son membre droit, et le revolver. Symboles phalliques. Phare, organe, revolver. Mon visage se fige en une expression mêlant à la fois une terreur à une profonde sensation que je ne s'aurais définir. Peut-être ai-je compris, peut-être ai-je finalement reconnu ce qui se trouvait en sa pupille l'autre jour. Ce n'est guère un hasard que cette arme se retrouve en sa main. Il vient de le dire lui même. Et quand bien même mon ingénuosité m'a à plusieurs reprises égaré, je peux tout à fait concevoir que ce soit le pistolet de Gino Salvatici. Mais que diable as-tu donc fait ? Les mots parviennent à peine à s'échapper de ma bouche tremblotante, aliénée par la peur. Néanmoins, je ne me sauve pas et reste là, ne sachant absolument pas ce qu'il va se produire par la suite. Gino serait-il prêt à me faire payer ma naïve curiosité ? Ou alors me laissera t-il ainsi sans explications ?
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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Ven 10 Juin - 21:21

Du mouvement, entre mes mains tendues vers elle et voilà que Julia est égarée, enfuie, apeurée. Je ramène mes bras à l’ombre, comme on cacherait honteusement des moignons ou un quelconque handicap physique.
- Mais que diable as-tu donc fait ?
Je soupire et dans la seconde qui suit je ris.
Je ne sais plus quel masque porter – le soleil doit me taper trop fort sur la tête, écrabouillant ma cervelle, la transformant ainsi en une lave bouillonnante. Je me lève alors, émergeant de ma cachette, laissant la terre éventrée dans son ombre, contournant les buissons pour rejoindre une Julia hébétée.
- Il faut croire que le soleil te rend stupide.
Je murmure.
Je m’approche alors d’elle et je m’accroupis devant sa personne recroquevillée. Je tiens toujours l’arme au creux de ma paume moite. Mon visage se dresse vers le ciel et le soleil me prive de vision un court instant. Je cligne quelque fois les yeux, noir, blanc, noir, blanc, noir, bleu.
- Mais je vais te dire ce que j’ai fait. J’ai pris cette arme et j’ai tendu le bras vers ma cible. Un œil fermé, l’autre ouvert – c’est pour mieux viser, tu comprends ? Entre les deux yeux. Je presse la détente …
Je pointe alors le canon de l’arme sur Julia. Celui-ci, présentant encore des tâches écarlates, vient rejoindre son front blême pour s’y poser, comme un insecte.
Mes lèvres entrouvertes laissent échapper un souffle, pour imiter la déflagration d’une arme qui tire. Je laisse l’arme posée là, sur sa peau diaphane. Un œil ouvert, l’autre fermé. Un sourire amusé étire alors mes lèvres en illuminant mon regard d’une lueur étrange. Cette lueur mêle une joie infantile et une folie beaucoup plus sombres, présentant alors des nuances de bruns et de pourpre – comme le sang séché sur mes doigts.
- Tout le monde fait ça, ici.
Sous-entendu : mais dans quel monde vis-tu, Julia ? Dans un monde de lumière et de soleils ? Un monde où jamais la nuit ne tombe ?

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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Sam 11 Juin - 22:33


Les mains souillées disparaissent dans le buis, comme culpabilisantes de ce qu'elles ont divulguées. Ce qui s'ensuit est bien pire que je ne le pensais. Un nouveau rire éclate au fin fond de la végétation, presque comme un râle monotone, disgracieux et effrayant. Un frisson me parcoure l'échine, de ceux qu'il est impossible de refréner. Mes doigts labourent la terre aride, sèche dans laquelle mes extrémités parviennent tout de même à s'enfouir. Et le monstre s'élève, au milieu de sa cachette, sortant de l'ombre pour mieux se repaître. L'image que dégage son corps est des plus paradoxales. A la fois empreinte d'une beauté nonchalante sans égale mais aussi d'une redoutable noirceur. Mon palpitant oscille entre fascination et terreur que Gino tel un animal a senti en moi. Il flaire l'horreur et tend à la magnifier, tente de l'extraire de mon être pour en façonner ce qu'il désire. Je ne peux guère faire le moindre mouvement, mon frêle corps est paralysé au sol, dans cette appartenance qui est désormais propre à Gino. Ses mots sont d'une terrible froideur tandis que la promiscuité s'invite entre nous deux. En ai-je toutefois réellement envie ? Un face à face des plus démoniaques tandis que je sens poindre en ses pupilles la sombre lueur qui animait son regard l'autre jour. Une œillade peu assurée se porte sur l'arme que détient la main pécheresse de Gino tandis que son visage s'élève vers le soleil. Faites qu'il se brûle la rétine. Mais il n'en est rien. Il revient à mon visage, énumérant les faits et gestes accomplis contre sa victime. La peur persiste et s'empare avec force de mes membres. Les tremblements se meuvent et hérissent mes poils et je sais pertinemment qu'il en a conscience. L'arme vient trouver en mon front une place des moins rassurantes. Mon œil perçoit et arrache du canon les quelques gouttes de sang du malheureux défunt dont je peux à présent sentir la fragrance âcre et épaisse. Gino joue et finira bien un jour par s'y perdre. A trop jouer avec le feu on se brûle. Je le vois à son sourire, définitivement enjoué, qu'il ne tirera pas, qu'il veut simplement m'intimider, me faire comprendre que l'on ne joue guère avec Gino Salvatici. Mais dans le tréfonds de mon âme en peine persiste un doute affreux. De celui qui pense que Gino Salvatici est pourtant capable, à ce moment précis, d'appuyer sur la détente. Mon amant, mon éphèbe, vision de son épiderme posé sur le mien. Symbole phallique en joue au beau milieu de mon front, Gino m'a violé avec son arme et j'ai pourtant aimé ça. Ne pas se laisser démonter, ne pas se laisser faire comme l'autre jour dans la chambre d'hôtel, reprendre le dessus. Alors tires donc, qu'est-ce que tu attends ? Des mots acerbes trouvent la voie à travers mes dents serrées désormais par une affligeante colère. Mes doigts n'ont de cesse d'étreindre la terre avec violence. Je fulmine et mes pâles joues se colorent de ce même rouge carmin parsemé sur le phallus symbolique de Gino, prêt à avoir ma peau s'il le désire. Aura t-il le cran d'engendrer une avenante et terrible guerre contre la famille Salucci, ou veut-il me montrer simplement qu'il n'est que le maître du jeu, de notre jeu ?
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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Dim 12 Juin - 9:00

Tout l’être de Julia est épris de tremblement et de peur. Je sens comme de l’électricité dans l’air, la même qui précède les orages, et je sais que c’est l’effroi qui hante son corps fragile. Ma main à moi ne tremble pas, elle tient fermement l’arme. C’est qu’elle sait quoi faire, elle n’en est plus à son premier coup. Elle en a tenu d’autres et en tiendra bien d’autres encore. Car c’est ça de travailler avec le père Salvatici, il faut toujours avoir les mains plongées dans les souillures du corps et de l’â(r)me.
- Alors tires-donc, qu’est-ce que tu attends ?
Je pouffe de rire.
Je m’amuse d’elle, presque gentiment, parce que Julia tente vainement de reprendre contenance en jetant des rochers dans sa voix pour la rendre plus sourde, plus grave, plus sûre d’elle. Mais à d’autres, à d’autres ! Car avec moi, cela ne marche pas.
Au lieu de ça, j’appuie un peu plus le canon sur son front pâle, pour la faire reculer puis tomber lentement sur le dos. Moi, je m’avance tel un prédateur boiteux, une paume au sol et les deux genoux dans l’herbe brûlée par l’astre. Je me retrouve finalement au dessus de Julia, ramenant son corps à l’ombre, la protégeant de la chaleur du soleil, mais l’exposant à un tout autre danger.
Je retire le canon de son front et je pose l’arme à côté de nous.
Mon œil vient se planter dans le sien mais je remarque que le canon sale a laissé quelques traces écarlates sur le front. Une trace ronde mais pas uniforme. On dirait une marque indélébile, rendant alors Julia impure, souillée éternellement ! Je grimace un peu. Je grimace de l’avoir tant enlaidie. Car Julia présente une pâleur que je n’ai jamais, jamais vu chez d’autres filles. Quelque chose d’incroyable, qu’on peut seulement briser sans que cela fasse trop de bruit.
Alors mon visage vient rejoindre le sien et ma langue passe sur la marque ronde et rouge. Son front mêle le sel de la sueur et le goût si particulier du sang – un peu de rouille sur les papilles. Lorsque je me redresse, je lui essuie ce qui reste de salive avec le pouce. Je m’écarte et rend Julia au soleil, m’étendant à côté de son flanc. C'était un aparté, on referme les rideaux pour quelques secondes.
Un autre rire vient exploser entre mes lèvres entrouvertes.
- Tu sais, Julia, je ne suis pas suffisamment fou pour te faire du mal.
Je murmure alors.
Car blesser, heurter Julia, de quelle façon que ce soit, c’est signer immédiatement mon arrêt de mort. C’est me précipiter au feu, ou dans la tombe ! Je n’en ai pas encore fini avec cette terre calcinée, je veux encore rester, quelques années et avoir l’occasion, quelques fois, de m’endormir sur le sein blanc et froid de Julia.

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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Dim 12 Juin - 22:30


Gino ne s’exprimant plus que par des excavations de voix commence à m’irriter. Ses traits se dérobent sous l’amusement, faisant de lui une créature abjecte dévorée par le non sens. Il en devient terrifiant. Et je n’ai de cesse de revoir l’œuvre de Blake qui revient successivement en mon esprit. Le dragon rouge, affamé, se délecte de la peur de sa victime et s’en nourrit. Comme bon nombre de monstres présents dans les mythes ou histoires de quartier, Gino Salvatici est de ceux qui ne faiblissent guère, dévorant à chaque fois plus d’âmes, son canon pointé sur des existences argileuses qui s’effritent et qu’il ôte sans la moindre once de compassion. Cela se lit dans ce regard, dans ses yeux qui me fixent et qui par conséquent je ne peux quitter. Son arme s’appuie de plus belle sur l’os de mon crâne, me forçant à m’étendre au sol, ce que je termine par enfin faire. La bête s’approche, se profilant avec soin dans un souffle putride, sans un seul bruit. La chaleur s’empare de mon bas ventre mais ce n’est point celle éprouvée la dernière fois. Pas d’excitation ni de désir ici, ces choses n’ont pas leur place en ce moment où Gino me toise de cet œil menaçant. Son arme s’en va trouver la terre que je remonte entre mes doigts, aride et sèche, comme peut l’être l’homme me faisant face. Elle quitte mon front, non sans toutefois laissé sa marque que je peux percevoir. Ce sang, que je sens coller à mon peau, la tendre sous la chaleur du soleil. J’ai tout à coup l’absurde impression d’être devenue sa complice, auréolée de l’hémoglobine d’un innocent. Et ses yeux qui n’ont de cesse de me fixer. Gino ne rie plus pourtant, son visage se tord en une moue que je ne pensais jamais entrevoir un jour. J’ignore ce qu’il a en tête et ce qu’il compte faire, à vrai dire, j’ignore tout de ce garçon auquel j’ai confié un bien précieux. Sa langue, vient pourlécher la marque qu’il a déposée. Je ferme les yeux, ne faisant qu’espérer la fin de ce terrible instant, que sa langue putréfiée se détache de mon épiderme et que ses pupilles s’en iront fixer autre chose. Quand il a fini, il s’écarte et se couche à mes côtés. Réminiscence de cette première fois où, le monstre repu, s’était étendu si près de mon corps glabre. Et avait ensuite réitéré plus ou moins la chose. Que prépare t-il alors ?
Je ne peux dès lors plus entendre ce rire, ce dernier m’insupporte et m’atteste de sa folie qu’il tente néanmoins de refouler. Mais pour moi, Gino Salvatici est aliéné, et le mal est malheureusement déjà fait. L’orgueil est malencontreusement trop important en cette partie de moi qui refuse d’admettre qu’il m’ait blessé. Oui, blessée. Je ne veux plus entendre ses mots, voir en son visage cette expression presque innocente et amusée. Mais je ne pourrais oublier que derrière tout cela se dissimule un mal incurable qui lui dévore les entrailles. Aurais-je pitié de lui ? Plus vraiment, pas après ce qu’il vient de me faire, et à repenser à  cet autre jour dans la chambre, je n’aurais jamais dû persister à lui parler aujourd’hui. La gifle part toute seule et atteint sa joue de plein fouet, laissant sur cette dernière une marque rouge qui après quelques secondes, prend de l’ampleur sur son visage. Ce n’est qu’après un léger temps, que je me rends compte que je n’aurais pas dû commettre ce geste et que le monstre est bel et bien là. Et que malheureusement, ce dernier est sans pitié.
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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Lun 13 Juin - 18:35

Je fixe alors le soleil, m’amusant à m’aveugler de lumière puis refermant brusquement les yeux, réitérant ainsi l’opération plusieurs fois jusqu'à ce que ma vision se trouble. Ma langue suit le relief de mes dents et je n’arrive pas à chasser le goût du sang qui a pris toute la place dans ma bouche. Je ne sais pas si ce goût m’est désagréable. Ce met ne m’est connu que par la vision et l’odorat.
Brusquement, je suis sorti de mes pensées et de mes enfantillages.
Une gifle, sournoise, inattendue, vient s’échouer avec force sur ma joue.
Je me relève brusquement et je croise le visage de Julia, qui mêle surprise et colère. Mes doigts se portent alors sur ma peau, probablement écarlate. Le coup fait irradier mon épiderme de chaleur, je grimace un peu. Des orages grondent dans le fond de mes yeux et je fixe Julia avec cette colère, je la regarde et mes mâchoires se serrent, faisant apparaître l’os et le muscle sous ma peau.
Mes mains se mettent alors à trembler.
Je prends une profonde inspiration – il faut se maîtriser, au moins un peu.
Je bondis alors sur elle, prédateur invincible. Une main vient accrocher ses cheveux et tirer sa face en arrière tandis que l’autre vient s’enrouler autour de son cou. Ma respiration se fait profonde et forte.
Mon nez chatouille le sien.
Il doit lui être aussi agréable qu’un insecte présentant un dard posé sur la peau.
- C’était pour quoi, cette gifle ?
Je demande alors, voix basse et menaçante.
J’ai un genou de part et d’autre de sa personne. Là, maintenant, je peux faire tout ce que je veux d’elle. Je peux saisir le flingue à ma droite, le coller entre ses deux yeux et appuyer sur la gâchette. Je peux aussi choisir de l’étrangler, de serrer es doigts très fort sur la peau diaphane de son cou et ainsi elle se transformera en un étrange arc-en-ciel, un peu malade.
- Tu veux jouer à ça, hein ?
Je fulmine, et ma poigne se resserre, tant à droite qu’à gauche, écarquillant ainsi l’œil de Julia.
- Ça tombe bien, j’ai déjà commencé à creuser.
Je fais ainsi écho à la terre éventrée par mes propres doigts il y a quelques instants. Je peux très bien continuer ma besogne, la rendre plus pénible mais en finir avec tout ça, avec Julia, avec cette arme et je pourrais bien m’enterrer avec elle si j’en avais envie.
Je commence alors à voir rouge, tout se brouille, peut-être parce que mon visage est si proche de cette princesse blonde que je ne vois plus que sa face apeurée et le fond de sa pupille qui me supplie, presque larmoyante. Moi, je voudrais faire des ecchymoses sur cette page trop blanche. Y rajouter des maux avec une encre bien différente. Mais voilà, un écart de conduite, un pied qui dépasse de la ligne, et c’est le père Salucci qui m’attend au tournant, je suis prévenu.
Je la lâche alors brusquement.
Ma main est restée imprimée sur son cou.
Comme la sienne sur sa joue.
Quel fabuleux tableau.
Je récupère l’arme posée à côté de son flanc et me dégage finalement se sa personne, les sourcils froncés.
J’aurai pu passer ma colère sur elle, la rouer de coup ou bien abuser de son corps. Elle n’a rien dans les bras, rien contre ma poigne de fer, rien. Elle est incapable de se défendre tant elle a de gardien juste pour elle.
Je lève finalement l’œil vers elle et jette l’arme entre ses jambes. Mon regard transpire la provocation.
- Alors, Julia Salucci, jusqu’où es-tu capable de monter sur l’échelle de la violence ?

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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Jeu 23 Juin - 23:23


La crispation s’éprend du corps tout entier de Gino quand ce dernier palpe sa joue empourprée par la douleur causée par mon geste. Il n’est plus que question de secondes avant qu’il ne riposte. Car, je le sais, cet acte ne restera point sans réponse. Et à la vue du regard foudroyant de l’éphèbe, je suis maintenant persuadée que les conséquences vont être aggravantes. Mais mes frêles membres ne désirent guère se mouvoir, tétanisés qu’ils sont, ils s’alourdissent et je ne peux les déplacer. L’effort est titanesque, pourtant j’entrevois la tempête se propager dans le tréfonds de ses pupilles et mon visage se laisse submerger par une horreur des plus probantes. Je n’ai guère le temps de réagir quand les mains de Gino s’empressent de me faire mal. La bride autour du cou, une main menaçante n’ayant de cesse de tirer mes longs cheveux blonds. Il est si près, si proche que je peux apercevoir sa noirceur prendre part à cet affligeant instant. L’étau se resserre autour de moi, m’empêchant de respirer convenablement. Ma trachée me fait souffrir et mes yeux s’emplissent de larmes. Mais il n’en a que faire. Il persiste à jouer, jouissant de sa position, m’observant haleter, tenter vainement de me raccrocher un temps soit peu à la vie. Bloquée, dans une entrave interminable. Le vide, lacunaire et désespéré. Je ressens une haine incomparable dans les mots qu’il profère dans des souffles chauds sortis tout droit d’entrailles ardentes. Je ne peux bouger les jambes, essayer de lui asséner un coup, mes mains s’efforcent de me libérer de son étreinte mortelle qui n’a de cesse de s’accentuer. Je peux percevoir la chaleur de ses paumes, tout le mal qu’il dissimule en lui. Les perles salées suivent la rondeur de ma joue, s’échouant néanmoins avec délicatesse sur les mains de Gino. Et je men veux, je m’en veux de pleurer tandis qu’il s’évertue à me briser. Le soleil ne me fait plus mal à la rétine, je peux le voir sans que cela n’affecte ma vue, je peux désormais tout visualiser ainsi, car je sais que jamais plus, je ne verrais comme avant. Les halètements se font plus courts, plus rapides, plus vains. Et ces putains de larmes qui ne cesseront point de s’anéantir sur lui. Comme une dernière trace de mon existence, éphémère, menaçant de sécher aussi vite qu’elles l’auraient percuté. Gino n’est plus qu’une figure oscillante, comme le soleil, la végétation environnante, tout est flou et prend de la distance. Ma tête vacille quelque peu quand je sens la poigne salvaticienne se réduire soudainement. L’air pénètre violemment mes poumons et mon œsophage tente d’en aspirer le moindre souffle. Je tousse encore et encore, me tournant sur le côté, les mains moites et terreuses, sous son ombre maudite. Ma main se porte à mon cou, tout comme il a porté la sienne à sa joue endolorie il y a quelques minutes auparavant. Mais la rougeur de ma nuque ne sera point sans incidence. Je laisse l’oxygène reprendre la voie naturelle, outre l’affliction cuisante qui gronde là haut. L’important est que je respire, à nouveau. Et il n’a guère achevé le jeu, non pas encore, cela n’était qu’un échauffement. Gino Salvatici n’en finira jamais. Ses mains damnées s’emparent de l’arme et il finit par enfin s’ôter. Je le haïs, profondément. J’aimerais en cet instant qu’il s’évanouisse totalement, qu’il disparaisse et qu’il ne soit jamais intervenu dans mon existence. Malheureusement il s’y est déjà bien trop immiscé pour que j’en ignore sa présence. Entre l’amour et la haine il n’y a qu’un pas dit-on. Mais Gino est allé beaucoup trop loin, et je ne peux imaginer pardonner un tel écart, malgré ce feu ardent naissant. Il tient les dés et les tire à sa guise. Mais pas si moi, je disparais de sa vie. Alors je me tourne vers lui, haletant encore. Finissent-elles toutes ainsi, à sombrer entre tes satanés doigts ? Je n’en ai que faire de ta provocation Salvatici. Tu ferais mieux de mettre ce canon dans ta bouche, si profondément qu’il toucherait ta glotte. Il n’y a pas d’autre solution pour toi. Tu n’insuffles rien d’autre que la mort. Tu n’es que son sbire dissimulé sous cette gueule. Je ne t’enverrais pas la rejoindre définitivement, ce n’est pas à moi de le faire. Alors garde ton arme et tes sarcasmes et laisse moi tranquille. Une quinte de toux s’empare de ma trachée d’où s’extrait quelques infinitésimales gouttelettes de sang. Je tourne le regard vers mon bourreau, et mes yeux cette fois ci, sont dénués de compassion. Il ne connaît point la pitié, je n’en éprouverais guère plus pour un tel monstre.


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MessageSujet: Re: avec ou sans toi je n'finirai pas comme ça (gino)   Dim 26 Juin - 19:06

C’est la marée haute sur le visage de Julia Salucci, les larmes lui sont montées d’un coup, comme si l’astre lunaire avait changé d’avis, bouleversant les océans et surtout celui de la princesse pâle à mes pieds. Les perles salées dégringolent sur ses joues et à en voir la marque que je lui ai laissé sur le cou, mes mains ne se sont pas retenues. Il aura fallu un éclair de lucidité à mon esprit, un peu de bonne conscience, pour m’arracher de peu à quelque chose qui aurait pu être très grave, encore plus grave que m’être emparé de la virginité de Julia ou de jouer un peu avec elle, comme ça, à la martyriser, à embrouiller ses sens et ses émotions.
Ses yeux sont un mélange de braises et de marée noire.
- Finissent-elles toutes ainsi, à sombrer entre tes satanés doigts ? Je n’en ai que faire de ta provocation Salvatici. Tu ferais mieux de mettre ce canon dans ta bouche, si profondément qu’il toucherait ta glotte. Il n’y a pas d’autre solution pour toi. Tu n’insuffles rien d’autre que la mort. Tu n’es que son sbire dissimulé sous cette gueule. Je ne t’enverrais pas la rejoindre définitivement, ce n’est pas à moi de le faire. Alors garde ton arme et tes sarcasmes et laisse moi tranquille.
Ses paroles me font un peu grimacer, c’est vrai.
Parce que malgré sa face pleine de candeur, de douceur, Julia sait les paroles qui blessent, qui perforent. On dit bien que la vérité sort de la bouche des enfants, non ? Cette fille-là a gardé quelque chose de l’enfance, la naïveté, et peut-être qu’elle comprend mieux les choses et ce qui l’entoure et que sa vision ne connaît pas les rougeurs du sang, les moisissures de la chair et la noirceur effrayante de la mort.
Je laisse échapper un rire maigre et pauvre, qui n’a rien à donner que du vide, qui ne renvoie rien que le trou béant qui habite ma poitrine. Un rire qui se veut léger, qui veut dire de toute façon, rien ne m’atteint, je suis plus fort que toi et que tes mots tranchants.
- Toutes ont survécu.
Je murmure.
Je les ai juste abimées, mais jamais je n’ai achevé l’une de mes amantes. Il y a eu la menace des mots et de mes poings, mais rien d’autre.
Mais qu’elle dise qu’il faille que je mette ce canon dans ma bouche, jusqu’à la gorge, ne me laisse pas indifférent. Il y a une partie de moi que je ne connais ni ne maîtrise qui s’attriste un peu de cette nouvelle. Peut-être parce qu’elle avait trouvé en Julia quelque chose d’apaisant, de léger. Quelque chose où on peut jouer la comédie sans blesser. Mais la bête qui dort dans mon ventre prend trop de place, elle se réveille toujours, mue par sa faim. Et mue par la faim elle oublie tout, elle détruit avec ses énormes griffes et ravage, gâche, souille en riant et en se remplissant la panse. Car c’est tout ce qu’elle sait faire, rire et assouvir ses besoins primaires.
Mes mains s’enfoncent dans la terre et je me sens bête, triste, inutile, écrasé par l’ombre pourtant peu impressionnante de Julia.
Celle-ci tousse et de toutes petites taches écarlates viennent maculer son vêtement et sa peau.
Si fragile.
Je reste muet et indifférent face à cette faiblesse de la nature, mes pensées plutôt tournées par ce que je suis, moi, et ce que je ressens, moi, en cet instant. Et ce que je ressens, c’est le rejet. J’arrache la terre sous mes paumes, détruisant encore, les sourcils froncés.
- Tu as un jugement bien hâtif sur ma personne, Julia. Si tu ne m’avais pas poussé à bout, rien de tout ça ne serait arrivé.
Rejeter la faute sur elle, tel un lâche, tel un enfant qui boude et qui nie sa bêtise.
Parce que je n’ai rien d’autre à dire, et parce que je ne veux pas me retrouver tout seul, face au gouffre effrayant de mes pensées. Parce qu’en la provoquant un peu, en la piquant avec les mots, je sais qu’elle restera un peu, là, à côté de moi.

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