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 JE CHERCHE LE JOUR, JE CHERCHE LA FLAMME QUI VIENDRA M'ÉCLAIRER L'ÂME (GIO).

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NOS ÂMES EN ENFER.

PRÉNOM : ADÈLE.
AVATAR : SARAH.
CRÉDITS : LA CLÉOPÂTRE.
MESSAGES : 148
DEPUIS QUAND : 08/05/2016

MessageSujet: JE CHERCHE LE JOUR, JE CHERCHE LA FLAMME QUI VIENDRA M'ÉCLAIRER L'ÂME (GIO).   Lun 9 Mai - 21:45

il fait froid. c'est insupportable. ça me glace l'os, ça refroidit mon cœur congélateur. j'peux presque sentir les stalagmites s'étendre jusqu'à ma cage thoracique. j'ai bu un verre, ou deux peut-être. je comprends pas.
vous savez, j'comprends plus parfois. j'attends l'oubli, j'attends la nuit, j'attends l'mensonge ultime, l'illusion dans les veines, les artères qui s'débouchent et l'cœur qui se trouve une raison de relancer la valse, d'envoyer la pulsion.
mais ça vient pas. ça n'vient jamais, j'ai l'impression. alors je m'allonge là. sur la pierre poussiéreuse du sous-sol presque vide. de toute façon, les gens m'voient pas - le visage a disparu, on ne distingue plus qu'le malheur qui se faufile entre les plis, entre les traits. et on ne vient pas faire chier ici, on laisse passer, parce qu'au fond, on vit tous le même enfer, on à tous été frappés par l'même éclair. alors j'attends. j'attends la vague, j'attends l'moment. une étincelle, une flamme, n'importe quoi, n'importe quoi c'est déjà ça. j'essaye d'distinguer les étoiles à travers les lignes du plafond. six pieds sous terre ou allongée dans l'herbe fraiche c'est toujours le même bordel de toute façon, j'les vois plus, leurs foutues étoiles, la grande ours s'est tirée, elle a laissé le gosse devenir une étoile oubliée. ciel noir, ciel désespoir.
c'est grand, l'immensité d'un ciel glacé. c'est putain d'long l'éternité, que je me dis, allongée là. mais c'est presque bien parce que dans cette position, j'me sens un peu mince, presque belle, vous savez. j'peux sentir mes côtes faire des accordéons sur cette peau trop pâle. mais c'est pas cette illusion là, que je recherche.
au moins, ici, j'suis pas moins bien qu'ailleurs, c'est ça qu'il y a d'bien, avec la douleur. puis, j'peux presque distinguer cette odeur, mélange de poussière, d'essence et de vodka - mais la vodka, c'est moi. c'est chaque millimètre de ma peau, c'est ma bouche sèche, c'est mes yeux semi-clos. la vodka, c'est mon cœur alcoolique de bonheur. il finira pas s'arrêter, par s'noyer dans les larmes jamais versées.
je finis par fermer les yeux et j'prie le Dieu là-haut d'aller s'faire enculer, et d'emporter avec lui les croix de papa, de l'accrocher dessus et d'le traîner dans la poussière, pour qu'il connaisse la guerre constante qui vit dans nos cœurs, pour qu'il connaisse l'enfer. l'alcool fait revivre en moi toute la rancœur et fait réapparaitre l'envie de voir son sang couler comme il a fait couler le mien. je ne vaux pas beaucoup plus, si ce n'est presque rien.
je sens un corps s'allonger là, tout près. j'veux pas ouvrir les yeux, rencontrer des prunelles, au risque d'y voir des briller des étoiles, toutes les étoiles que l'on a pris au ciel.  
- tu fais quoi ?
tu fais quoi ? tu fais quoi là ? tu fous quoi près de moi ? tu fous quoi sur cette terre, toi ? parce que moi, je sais pas.  
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PRÉNOM : SYL20
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DEPUIS QUAND : 21/04/2016

MessageSujet: Re: JE CHERCHE LE JOUR, JE CHERCHE LA FLAMME QUI VIENDRA M'ÉCLAIRER L'ÂME (GIO).   Mar 10 Mai - 13:48

Les formes, les couleurs et les odeurs des cauchemars enfantins ne s'effacent jamais. Les grandes ombres aux larges gestes animés de brutalité obsèdent. Les effluves de rouille rongent les muqueuses et le rouge bien trop sang aveugle. C'est anesthésiant à chaque fois qu'on y repense. Nos muscles se tendent et nos doigts se crispent, à la manière des griffes d'un corbeau avare de chair. Cette allégorie de la mort dans un si frêle animal. Mais son cri déraillé et la noirceur de sa robe rappelle son rôle sur terre, mémorandum d'une fatalité qui frappera à un moment ou à un autre.
Alors le cortex s'amuse à repasser en boucle les scènes qui traumatisent le coeur d'un gamin. C'est rance et âpre, ça provoque des relents acides qui remontent de l'estomac. On ne devrait pas faire ça à des enfants, qui ne demandent qu'à rêver et à espérer de voir un jour, la lumière briller et sentir la chaleur des rayons dorés sur leur peau immaculée. Au lieu de ça, les grands font peur aux plus petits, ils racontent de drôles d'histoire avec des balles et des couteaux comme protagonistes. Ils parlent de grands méchants loups qui grouillent dans un monde austère et aigre. Un monde trop hostile pour laisser place à l'innocence et la candeur.
J'aurais voulu la garder cette innocence, j'aurais voulu laisser mes poings à la maison et enfouir ma haine sous mon oreiller. J'aurais voulu ne jamais croire aux histoires des plus vieux, j'aurais voulu leur dire que tout ça n'est que foutaise, que ce ne sont que des histoires qu'on raconte pour faire peur et rire, un peu. Puis un jour, on y assiste. On assiste à la réification des monstres dépeints dans les rêves. Ils s'emparent des âmes, les miroirs ne reflètent plus que des gueules cassées et rongées par la rancoeur. Même les plus fortes lumières ne parviennent à retirer le voile noir qui recouvrent leurs corps. Et parfois, on les incarne. Nos yeux deviennent les leurs, nos mains répondent aux ordres de leurs voix basses et sifflantes. Et on les remplace, on continue leurs réalisations, ce qu'ils ont laissé là, en plan. On remplit le monde d'un peu plus de haine et de sang.
Alors j'essaye de fuir, parfois. J'essaye de m'échapper de ce rôle qu'on m'impose à l'extérieur. Mes pas viennent rompre le silence pesant du lieu, les marches grincent, elles crient de douleur à chaque fois que mon poids les écrase. Il y a cette odeur rance de renfermé qui embaume le sous-sol, ça sent la poussière et même la pourriture. La lumière peine à entrer et je me dis que ce n'est pas une mauvaise chose. Les gosses viennent ici pour réaliser de drôles d'actes qu'on essaye de taire. L'obscurité recouvre tout indice qui les trahirait.
Le crissement du galet de mon briquet claque dans l'espace restreint. Une étincelle jaillit et la flamme orange illumine mon visage. Je suis planté là, sans trop savoir quoi faire de mes membres. J'ai cru voir cette fille descendre. Les gens ne viennent pas seuls ici, dans les entrailles de l'immeuble joyeux. C'est ici qu'il recrache tous les mots et les maux des enfants, c'est ici que stagnent les infamies qu'on laisse au palier de l'immeuble.
Les gens ne viennent pas seuls, ici, me dis-je encore une fois. Alors je suis descendu, j'ai fait craquer le vieil escalier branlant, j'ai fait jaillir cette flamme qui me sert de torche, certes précaire. Il y a une odeur qui vient rompre l'austérité, il y a des molécules dans l'air qui ne devraient pas être là et qui pourtant, embaument mes sinus. Elle est là, étendue sur le sol, on aurait dit un cadavre malmené par le temps. Mon corps s'allonge près d'elle.
- Tu fais quoi ?
Ses mots froids me crispent. L'amertume de l'alcool m'entoure. Le noir recouvre mon visage et le sourire malicieux qui s'y dessine.
- Je t'ai vu venir ici. J'me suis dit que les petites filles comme toi ne s'aventuraient que rarement au sous-sol. On raconte beaucoup de choses sur ce lieu.
Et puis un jour, les enfants prennent la place des plus grands. Ils se mettent, à leur tour, à raconter eux-aussi les choses que l'on entend.  
    
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PRÉNOM : ADÈLE.
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MessageSujet: Re: JE CHERCHE LE JOUR, JE CHERCHE LA FLAMME QUI VIENDRA M'ÉCLAIRER L'ÂME (GIO).   Mar 10 Mai - 21:04

je garde les yeux fermés, très fort. j'vois des couleurs, du jaune surtout, ça m'aveugle comme un croissant de lune, puis ça redevient noir, aussi noir que la nuit dehors. j'ai peur, si j'ouvre les yeux, de me retrouver face au diable, à celui qui, en un claquement de doigts, me détruira. pourtant, le diable a la voix douce, et ses mots sont comme une chanson. chaque parole est murmurée comme le plus grand des secrets. et c'est joli. c'est comme des vaguelettes qui viennent embrasser les rochers avant de repartir pour enlacer l'océan glacé.
il me dit, il me dit qu'on raconte des choses. mais on raconte beaucoup, pas vrai ? on raconte que Lucifer a des cornes et des éclairs dans les yeux, alors que Lucifer m'attend, la hanche posée contre le mur, dans l'encadrement de la porte, pour m'insuffler tout le poison mortel que ses poumons contiennent.
on raconte que l'on gagne l'enfer lorsque l'on est mort, alors que l'enfer est en ce monde, et que je peux sentir son souffle se poser sur ma nuque en fermant les paupières à chaque soir qui passe.
- mh. c'est bien, ici.
il n'y a que les murs pour te faire chier. en principe.

que je lui dis. que je lui dis, alors que mes pensées lui hurlent de rester.
de ne pas me laisser seule avec les ombres sur les murs. les ombres qui dansent, qui s'enlacent, qui se moquent. le doigt pointé vers mes yeux clos, sur la tristesse qui s'est enfouie dans chaque recoin de mon visage, dans les plis de mes paupières, mes paupières derrière lesquelles se cache son image, alors que sa voix, elle, raisonne en écho dans mon esprit. alors que je sens ses ongles s'enfoncer dans la peau de mon dos, comme s'il était là, près de moi. ce corps-à-corps permanent devient insupportable, même lorsqu'il n'est plus là, je peux sentir son souffle acide emplir mes poumons, je peux sentir son regard malsain, dans lequel brille un éclat si particulier, brûler ma nuque.
je mourrais pour oublier la sensation de son ventre collé à mon dos, de sa main, de ses bagues, posés contre ma hanche. je mourrais pour oublier, juste le temps d'un instant, tous les besoins charnels qui brillent dans ses prunelles, et les échos de ses désirs qui raisonnent entre les quatre murs jaunis de ma chambre. les murs qu'il a sali, avec ses humeurs, ses envies, ses mots durs, ses murmures.
je laisse mon corps tout engourdi glisser contre la pierre glacée que la poussière caresse en permanence.
et j'ouvre les paupières. juste comme ça, tout doucement. et je laisse mes prunelles foncées s'habituer à la pénombre de la pièce. je respire très fort cette odeur d'essence, cette odeur d'garage, parce que je l'ai toujours aimée. c'est tellement singulier, c'est tellement loin des odeurs d'tabac du garage à papa.
je fixe le garçon, je fixe la voix douce. il sourit un p'tit peu, juste comme ça, pas beaucoup. et il a les yeux malicieux, qui brillent comme des cailloux blancs dans la nuit. il est joli. il n'est pas beau, il est joli. comme un ange, comme un air de violon dont les longs sanglots rebondissent entre les galaxies, comme une colombe qui étend ses ailes vers le ciel puis s'envole. c'est aussi simple que ça. c'est aussi simple que ça, parfois. si seulement moi, mes ailes, on ne les avait pas coupées. je pourrais m'envoler, m'envoler à jamais, me poser sur une étoile et puis mourir là, laisser la douce mélodie de mon cœur qui bat tout bas tout bas s'éteindre à jamais, s'éteindre comme le soleil, grand et vicieux, au soir venu, s'éteindre comme la lune à l'aube d'un matin nouveau.
s'éteindre, juste comme ça. la valse qui s'arrête, puis révérence est faite.  
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